Les travaux de la mission parlementaire sur le suivi de la stratégie de sortie du glyphosate, créé il y a deux ans, vont s’achever d’ici à la fin de l’année, avec la publication d’un rapport final prévu « à la mi-décembre », a déclaré Julien Dive, député de l’Aisne et président de la mission, le 5 novembre 2020 lors de l’audition conjointe de Barbara Pompili, ministre de la Transition écologique, et de Julien Denormandie, ministre de l’Agriculture. Lors de cette audition, les ministres ont rappelé que le gouvernement était pleinement déterminé à interdire le glyphosate dès lors qu’une alternative existait, même si cela implique des bouleversements dans les manières de faire.

 

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« Nous ne sommes qu’à la moitié du chemin »

« La sortie du glyphosate est une nécessité, pour la santé humaine, comme pour l’environnement et la biodiversité, il faut être à la hauteur de ce défi », a martelé Barbara Pompili rappelant que la molécule représentait encore 30 % des herbicides utilisés dans le pays. » […] « La France est clairement pionnière sur ce sujet, les résultats sont là mais il faut continuer, nous n’en sommes qu’à la moitié du chemin », a ajouté la ministre.

 

Elle a précisé que la transition était engagée, avec des ventes de glyphosate au plus bas depuis dix ans pour les usages agricoles. En 2019, elles étaient de 6 100 tonnes contre 8 800 tonnes en 2017 et les usages non agricoles ont diminué de deux tiers depuis 2011.

 

« C’est mieux mais il faut faire plus, plus vite », insiste la ministre indiquant que l’intégralité des usages pour lesquels les alternatives existent sera prochainement interdite. Le gouvernement a travaillé avec l’Anses et l’Inrae pour identifier filière par filière, les usages pour lesquels des alternatives mécaniques ou non chimiques existeraient et ceux pour lesquels cela n’est pas encore possible.

 

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Accompagner les agriculteurs

« Cette sortie doit se faire avec méthode, en identifiant les alternatives non chimiques, en permettant une transparence totale des données et en accompagnant les agriculteurs », a expliqué Julien Denormandie.

 

Cet accompagnement passe notamment par un soutien financier. Il a été notamment rappelé que le plan de relance prévoit 135 millions d’euros affectés aux investissements en agroéquipements pour les agriculteurs modifiant leurs pratiques.

 

Par ailleurs, le ministre a annoncé une enveloppe de 7 millions d’euros supplémentaires débloquée pour la recherche d’alternatives au glyphosate. Elle s’ajoute aux 30 millions d’euros déjà prévus.

Besoin d’une autre ambition

Dans un communiqué diffusé le 5 novembre 2020, la Confédération paysanne considère que les annonces faites par les ministres lors de cette audition « ne changeront pas grand-chose ». « C’est d’une autre ambition dont nous avons besoin, estime le syndicat agricole. Celle de sortir du glyphosate, et plus largement de pesticides. Et pour cela, il faut protéger les paysans par un soutien économique majeur qui assure le changement de pratiques sur les fermes - financer les surcoûts en main d’œuvre, soutenir les pratiques agro-écologiques… -, par l’arrêt des politiques de libre-échange et l’instauration de prix minimum d’entrée pour valoriser les produits des paysan.ne.s à des prix rémunérateurs. »