Ces chiffres illustrent l’augmentation continue des surfaces agricoles consacrées à ces deux cultures au Brésil. En dix ans, les surfaces de soja auront bondi de 56 % (24,2 millions d’hectares en 2010-2011, selon les données de l’organisme public). Les surfaces de maïs auront augmenté de 43 % (13,8 millions d’hectares en 2010-11).

Des surfaces gagnées sur des pâturages

Pour l’an prochain, « la majeure partie de la hausse de la superficie du soja » se fera « sur des zones de pâturages dégradés », assure la Conab. Les productions brésiliennes de soja et de maïs devraient en conséquence augmenter et dépasser celles de l’année en cours, déjà marquée par des récoltes historiques.

 

La récolte de soja pour 2021 est ainsi estimée à 133,5 millions de tonnes (+7,3 %), et celle de maïs à 113 millions de tonnes (+12 %). Le maïs obtenu en deuxième récolte, désormais plus important que celui de la première récolte, bénéficie « d’un espace plus large » en raison de la plantation « plus précoce » du soja, dont le maïs prend ensuite la place.

La demande de soja augmente

La production de soja devrait être tirée par une hausse de sa demande, aussi bien sur le marché intérieur qu’à l’exportation. Cette demande s’explique par les besoins des secteurs de l’élevage et du biodiesel, et un taux de change espéré attractif en 2021, souligne l’agence gouvernementale.

 

Début août 2020, 40 % de la prochaine récolte étaient déjà vendus, précise la Conab, contre 20 % à la même période en 2019, un record historique. La dévalorisation de la devise brésilienne rend le soja brésilien plus attractif sur le marché mondial. Entre janvier et juillet, le Brésil a exporté 70,7 millions de tonnes de soja, contre 51,2 sur la même période en 2019.

 

Au total, 82 millions de tonnes de soja brésilien devraient être exportées cette année, selon la Conab qui table sur des exportations de 86,8 millions de tonnes en 2021 grâce aux « fortes importations chinoises » et au « taux de change ».

Des exportations de maïs en hausse

Concernant le maïs, « le marché devrait poursuivre son expansion en 2021 », en raison des exportations attendues en hausse, « de la reprise de la demande d’éthanol de maïs » et « de la demande pour les rations animales », explique l’organisme public. La Conab annonce au passage d’ailleurs que « les usines d’éthanol prévoient d’augmenter leur demande en 2021 »

 

« La consommation sur le marché brésilien reste élevée » puisque la Chine a augmenté « sa demande en protéine animale brésilienne » et que le géant sud-américain « reste l’un des principaux fournisseurs de viande de poulet et de porc aux pays asiatiques et du Moyen-Orient », ajoute la Conab,.

 

Par ailleurs, le Brésil estime qu’il pourrait l’an prochain gagner des parts de marché face à l’Argentine sur le marché international, en raison des problèmes « structurels » que traverse ce pays.