À l’origine de l’interdiction des néonicotinoïdes en 2016, l’ancienne députée de la Somme ne décolère pas d’avoir dû accepter l’idée d’une dérogation pour leur utilisation sur betterave. « C’est un choix que je regrette énormément et qui me met en colère, lance Barbara Pompili. Ça veut dire que, quand on fait une loi, on a un problème pour l’appliquer. J’ai constaté que le travail sur la betterave, et uniquement la betterave [NDLR : 91 % des néonicotinoïdes restent interdits], n’avait pas été suffisamment préparé. Avec mon collègue, Julien Denormandie, on sera aux manettes pour faire en sorte que l’interdiction soit intégralement appliquée dans les années qui viennent. Je m’y attellerai. »

 

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« Se passer des phytos »

Alors que 70 % des produits phytosanitaires sont interdits pour les collectivités et les particuliers, la ministre vise le 100 % « très vite » et fait le parallèle avec l’agriculture. « Il faut que l’on s’en passe. C’est un processus qui prendra du temps, mais je sais que les agriculteurs en sont conscients. »

On ne remplace pas un produit [phytosanitaire] par un autre, il faut penser à une autre méthode.

Barbara Pompili, ministre de la Transition écologique

L’interdiction emblématique est celle du glyphosate. La ministre de la Transition écologique ne veut pas réitérer la même erreur que pour les néonicotinoïdes. « Nous serons sur le dos de tout le monde, c’est-à-dire le monde de la recherche, des administrations, mais aussi des filières, pour trouver des alternatives […]. On ne remplace pas un produit par un autre, il faut penser à une autre méthode. […]. Réinventons-nous. Cela demande un accompagnement et il y en aura une bonne partie qui sera financée par le plan de relance. »

 

Et la ministre de conclure : « L’agriculture doit absolument prendre la mesure des enjeux environnementaux. C’est une question de vie ou de mort pour notre agriculture. »