Les pommes de terre ont aussi souffert de la sécheresse et des fortes chaleurs, à l‘instar de celles de Benjamin Janssen, producteur à Quaëdypre dans le Nord. Le rendement de ses 25 ha de pommes de terre pour l’industrie, non irrigués, devrait être pénalisé de 20 à 25 %, estimait-il le 9 août 2022. « On a encore deux à trois semaines pour faire des miracles, mais le mal est fait, juge-t-il. Et la quantité ne sera pas au rendez-vous par rapport à la moyenne des cinq dernières années. »

Buttes desséchées

« Depuis la plantation en avril, les plants n’ont pas vraiment été mouillés, décrit Benjamin Janssen. La terre est très desséchée sur toute la profondeur de butte. » L’agriculteur n’a jamais connu cette situation, ni son père avant lui.

 

Les pluies annoncées feraient le plus grand bien. La végétation est encore verte, cela peut encore faire quelques tubercules. « Il faudrait 30 mm minimum, mais cela ne compensera pas tout, regrette-t-il. Ce n’est pas en deux semaines qu’on rattrape deux mois de sécheresse. »

 

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Offre tendue

Pour Geoffroy d’Evry, président de l’UNPT (1), « 2022 devrait être une des années les plus basses depuis 2001. Aujourd’hui, il sera très compliqué de subvenir à la demande par rapport aux engagements pris avec les industriels. »

 

L’offre s’annonce très tendue, car, de toute façon, les pluies arriveront trop tard. « L’irrigation, quand elle est possible, a permis de conserver un certain potentiel, mais le rendement est quand même dégradé car au-delà du stress hydrique, il y a eu du stress thermique. C’est la double peine pour les pommes de terre ! »

Qualité incertaine

Benjamin Janssen s’inquiète aussi pour la qualité des tubercules. Les pommes de terre sont stressées depuis la plantation quasiment, et Benjamin Janssen se demande quel sera leur comportement pendant le stockage et comment elles pourront être travaillées par les industriels.

 

Quant à ses betteraves, situées en terres de limons argileux, elles « tiennent encore ». Mais pour celles de ses voisins en terres sableuses, c’est très compliqué. « Les betteraves ont les feuilles qui traînent par terre et n’arrivent plus à grossir, décrit-il. Elles sont complètement bloquées. »

(1) Union nationale des producteurs de pommes de terre