« On découvre que cette eau qu’on pensait inépuisable est rare. Elle va devenir de plus en plus rare à certaines périodes de l’année et il va falloir la partager », explique Thierry Burlot, président du Comité de bassin Loire-Bretagne.

 

La France métropolitaine connaît une sécheresse historique, signe du changement climatique. Il n’est tombé que 9,7 millimètres de pluie en juillet, un déficit de précipitations d’environ 84 % par rapport aux normales de la période 1991-2020, selon Météo-France. La totalité des départements de France métropolitaine est en vigilance sécheresse, avec 22 départements en alerte renforcée et 68 en crise.

 

> À lire aussi : Sécheresse L’irrigation interdite dans des communes de 68 départements (09/08/2022)

Quatre niveaux de restrictions

En cas de pénuries d’eau, quatre niveaux existent avec des restrictions de plus en plus fortes, qui touchent aussi bien les particuliers, les agriculteurs que les industriels. :

  • vigilance,
  • alerte,
  • alerte renforcée,
  • et crise.

 

« On veut réduire les prélèvements pour qu’il y ait moins de pression par les activités humaines et maintenir suffisamment d’eau pour les usages les plus importants » (eau potable, salubrité, santé, sécurité), explique Agnès Ducharne, chercheuse au CNRS.

 

Mais « on est à l’os en termes de ressources en eau : le gâteau se réduisant, les conflits s’aiguisent et donc ça pose la question de la légitimité des usages, […] de l’équité de traitement entre les groupes sociaux », analyse Sylvain Barone, chargé de recherches à l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae), sur France Culture.

 

> À lire aussi : Espagne La sécheresse ravive les tensions sur la gestion de l’eau (08/08/2022)

Gérer l’eau toute l’année

 

Concrètement, comment expliquer à une personne âgée qu’elle ne peut pas arroser son potager vivrier en journée, quand une partie des golfs et des terrains de foot le sont ? s’interroge le spécialiste du secteur de l’eau. Il cite aussi les piscines privées de riches résidences sur le littoral de Provence-Alpes-Côte d’Azur, difficiles à contrôler et dont les propriétaires « se fichent de la facture d’eau », ou des municipalités touristiques en bord de mer, attachées à leurs plates-bandes fleuries, quand des petits villages de l’arrière-pays « jouent le jeu ». « Il faut faire en sorte que les plus gros consommateurs fassent les plus gros efforts », plaide-t-il.

 

Face à une eau devenue denrée plus rare, « ceci va nécessiter des compromis », ainsi qu’une gestion de l’eau tout au long de l’année et plus seulement l’été pendant les pénuries, fait valoir Thierry Burlot.

 

> À lire aussi : Stockage L’encadrement du prélèvement de l’eau en hiver avance (02/08/2022)