Dans un communiqué paru vendredi 22 juillet 2022, Phyteis fait état d’une hausse de 7,9 % des volumes de produits phytos vendus en 2021 par les distributeurs par rapport à l’année précédente, après plus de 20 ans de baisse. Cette augmentation est attribuée à la « forte progression des produits utilisables en agriculture biologique ».

 

« Depuis 1999, les quantités vendues ont diminué de 54 % et depuis l’adoption du Grenelle de l’environnement en 2008, elles ont baissé de 29,5 % », chiffre l’organisation professionnelle des entreprises de la protection des plantes.

 

 

En 2021, 55 389 tonnes de matières actives ont été vendues par ces entreprises aux distributeurs. « Hors volumes de produits utilisables en agriculture biologique, les volumes de ventes des matières actives phytopharmaceutiques sont stables sur les trois dernières années », observe Phyteis. Ils avoisinent les 39 000 tonnes.

Plus d’un tiers de produits utilisables en agriculture biologique

L’organisation révèle que « l’intégralité de la hausse des volumes vendus est due à une augmentation des ventes de soufre et cuivre, produits particulièrement pondéreux. » Ainsi, en 2021, ces produits représentaient 34,9 % des volumes de matières actives commercialisées (16 500 tonnes environ), un niveau historiquement élevé.

 

 

Phyteis constate que deux périodes se distinguent sur l’année : « La première, jusqu’à l’été, avec une dynamique d’achat moyenne, marquée par un stock important et une pression maladie usuelle et la seconde, caractérisée par une forte hausse des volumes, conséquence de l’augmentation des matières premières, notamment au niveau du cuivre. »

 

Les achats de produits ont ainsi été anticipés afin de sécuriser les approvisionnements. « Cette tendance se confirmera certainement en 2022 du fait de l’instabilité de la situation économique et géopolitique qui perdure », anticipe l’organisation.

 

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Recherche d’indicateurs complémentaires

« Nous arrivons à un moment clé où l’indicateur du volume global de produits phytopharmaceutiques vendus n’a plus de sens, considère Emmanuelle Pabolleta, directrice générale de Phyteis. En effet, les agriculteurs ont de plus en plus recours à des produits utilisables en agriculture biologique pour protéger leurs cultures. Or ce sont des produits plus pondéreux. »

 

Elle appelle à un travail collectif pour définir des indicateurs complémentaires, comme par exemple, « un indicateur de pression parasitaire, pour éclairer les politiques publiques ».