Des experts militaires de l’Ukraine, de la Russie et de la Turquie discutent mercredi le 13 juillet 2022 depuis la fin de matinée (heure locale) à Istanbul, des possibilités d’exportations de céréales au départ des ports ukrainiens sous blocus russe. Cette réunion quadripartite a été annoncée mardi par un communiqué du ministre turc de la Défense, Hulusi Akar, puis confirmée par Moscou et Kiev.

 

La plus grande discrétion entoure la tenue de ces discussions à huis clos entre experts et en présence d’une délégation des Nations unies, que le ministère turc de la Défense entend garder « confidentielles ».

À deux doigts d’un accord

Dans un entretien au quotidien espagnol El Pais publié mercredi, le chef de la diplomatie ukrainienne Dmytro Kouleba est apparu relativement confiant sur l’issue de ce nouveau rendez-vous. « Nous sommes à deux doigts d’un accord mais tout dépend de la Russie », estime-t-il.

 

« Nous sommes dans la phase finale et maintenant tout dépend de la Russie : s’ils le veulent vraiment les exportations de céréales commenceront bientôt. » Mais Dmytro Kouleba soupçonne Moscou de les bloquer pour priver Kiev de revenus : « Ils savent que si nous exportons, nous recevrons des fonds des marchés internationaux et cela nous renforcera », souligne-t-il.

Le contrôle des cargaisons

Les Russes, de leur côté, ont décidé de poser leurs exigences sur la table, en particulier quant à la fouille des bateaux : « Nos conditions compréhensibles comprennent la possibilité de contrôler et fouiller le navire pour éviter la contrebande d’armes et un engagement de Kiev à ne pas organiser de provocations », a prévenu un responsable du ministère russe des Affaires étrangères.

Le périple du Zhibek Zholy

Un premier test avait été mené par la Russie à la fin de juin pour faire sortir quelques milliers de tonnes de céréales depuis le port russe de Berdiansk. Le cargo Zhibek Zholy devait acheminer 7 000 tonnes de céréales, selon les autorités russes, de Berdiansk vers une destination non déclarée. À proximité des côtes turques sur la mer Noire, le bateau a jeté l’ancre.

 

Alertées par l’ambassade ukrainienne en Turquie qui soupçonnait ces céréales d’être, en fait, volées dans les silos ukrainiens, les autorités turques ont mené des fouilles des cales. Finalement, le bateau est reparti dans les eaux territoriales russes une semaine après son départ.

 

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Le plan de la FAO

Depuis, l’organisation des Nations unies pour l’agriculture, la FAO, a lancé le 5 juillet 2022 un programme de 17 millions de dollars, financé par le Japon, pour aider les agriculteurs ukrainiens à restaurer leurs capacités de stockage, en partie détruite par les bombardements.

 

Alors que la moisson commence, les capacités de stockage de l’Ukraine sont amputées d’un tiers du fait de l’entreposage des céréales de l’année dernière, coincées par le blocus maritime russe. Rien qu’à Odessa, principal port de l’Ukraine, il resterait vingt millions de tonnes de céréales en souffrance. Le projet de la FAO vise à rendre opérationnels les itinéraires alternatifs tels que le train ou la route.

 

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