« Ce constat est habituel en été. Les pluies importantes de juin ont principalement permis d’humidifier les sols et ont bénéficié à la végétation mais elles ne se sont que peu infiltrées en profondeur vers les nappes, sauf très localement », annonce le BRGM (Bureau de recherches géologiques et minières) dans son bulletin de situation hydrogéologique publié le 12 juillet 2022.

Autour ou sous les niveaux moyens

L’état des nappes a continué de se dégrader en juin, sauf sur les nappes calcaires jurassiques de la Charente et du sud de la Vendée. Les niveaux des nappes se sont situés généralement autour ou en dessous des niveaux moyens mensuels.

 

Plusieurs nappes présentent des situations favorables, avec des niveaux autour des normales par rapport aux mois de juin des années antérieures :

  • Les niveaux des nappes des formations tertiaires de la Brie au Tardenois, peu sensibles à l’absence de pluies efficaces, restent proches des normales ;
  • Les nappes alluviales de la Garonne, de la Dordogne et de leurs principaux affluents ont profité de plusieurs épisodes de recharge durant le printemps et conservent des niveaux proches des normales mensuelles ;
  • Les nappes alluviales et pliocènes du littoral languedocien et du Roussillon ont bénéficié des pluies efficaces en mars et avril et leurs niveaux sont comparables aux normales.

 

Toutefois, de nombreuses autres nappes montrent des situations moins favorables avec des niveaux bas, voire localement très bas, par rapport à tous les mois de juin :

 

  • Les nappes des calcaires jurassiques de la Charente, du Poitou et de la Brenne observent des niveaux bas, conséquences des déficits pluviométriques durant l’hiver et le printemps, même si la situation peut s’être localement améliorée en juin ;
  • Les niveaux de la nappe de la craie de Touraine sont bas, la période de recharge ayant été tardive et écourtée ;
  • Les niveaux des nappes inertielles des cailloutis plio-quaternaires de la Bourgogne-Franche-Comté sont bas, héritage de plusieurs recharges successives déficitaires ;
  • La nappe alluviale de la plaine d’Alsace dont les niveaux sont modérément bas à très bas ;
  • Les nappes inertielles des corridors fluvio-glaciaires du Rhône moyen enregistrent une dégradation progressive de la situation et les niveaux sont hétérogènes, de proches des normales à très bas ;
  • La nappe de la molasse miocène du Bas-Dauphiné reste en situation critique avec des niveaux globalement bas, conséquences d’une baisse progressive sur plusieurs années. Des niveaux très bas s’observent toujours dans la plaine de Valence et dans les collines du nord de la Drôme ;
  • Les niveaux des nappes des alluvions et des formations complexes de la Provence et de la Côte d’Azur sont toujours préoccupants, de bas à très bas, du fait de faibles recharges en 2020-2021 puis en 2021-2022 et d’un étiage estival en 2021 assez sévère.

 

Tendances orientées à la baisse

« En juillet, les tendances des nappes inertielles devraient rester orientées vers la baisse. Leur situation ne devrait que peu se modifier durant les prochaines semaines, sauf sur les secteurs fortement sollicités par des prélèvements », estime de plus le BRGM.

 

Concernant les nappes réactives, les tendances et l’évolution des situations dépendront essentiellement des pluies efficaces locales, de l’évapotranspiration et des demandes en eau.

 

La situation devra être surveillée sur l’ensemble du territoire et plus particulièrement sur les nappes réactives, sur les nappes inertielles affichant des niveaux bas en juin et sur les secteurs fortement sollicités par des prélèvements.

 

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