L’été commence à peine, mais il y a plusieurs mois déjà qu’une grande partie de l’Ouest américain souffre de la sécheresse. Des côtes de l’Oregon jusqu’au Texas, des zones entières font face à des déficits hydriques et à de fortes températures.

 

Pour expliquer la situation, la Niña est souvent évoquée. Ce phénomène atmosphérique qui sévit depuis cet hiver dans le Pacifique, réchauffe et assèche une grande partie de l’Ouest américain, au grand dam des producteurs.

 

Pour le Kansas, grenier à blé du pays, l’enchaînement d’un hiver puis d’un printemps trop secs a dégradé les perspectives de récolte. De 35 q/ha l’an dernier en moyenne, on estime le rendement de cette année à seulement 25 q/ha, avec de grandes disparités. Chris Tanner, céréalier dans l’ouest de l’État, a fait part de son désarroi auprès de la radio publique NPR : « Le monde a désespérément besoin de blé en ce moment et on veut faire au mieux pour le nourrir. Mais on ne peut faire que ce que mère Nature nous permet. Les prix sont bons, mais si vous n’avez rien à vendre ça n’a pas d’importance. »

 

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Des restrictions à l’irrigation

Le manque d’eau est un problème que connaît trop bien le premier État agricole du pays, la Californie. Depuis 2014, l’intensité et la fréquence des sécheresses se sont accentuées et la concurrence pour l’accès à l’eau se fait plus forte. Avec en ce moment près de 60 % de son territoire en situation de sécheresse sévère, plusieurs cultures comme le riz sont menacées par les restrictions à l’irrigation.

 

La distribution d’eau aux producteurs s’effectue par contrat via une agence fédérale. Quand le niveau des réserves est en deçà de certains paliers, la quantité allouée diminue. Or, le niveau historiquement bas du lac Shasta, qui est la principale source, ne permet plus la distribution d’eau à de nombreux producteurs de la vallée de Sacramento où le riz est produit. La surface aurait ainsi diminué de 100 000 ha cette année, soit la moitié de la production.

 

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Celle d’amandes, qui utilise 10 % de l’eau californienne, est aussi contrariée. Face aux restrictions et aux factures d’eau élevées, des producteurs ont préféré, cette année, abattre ou laisser mourir une partie de leurs arbres. D’autres cultures arboricoles moins lucratives, comme la pêche, la prune ou la nectarine, sont touchées. L’université de Californie a estimé les pertes en productions agricoles à plus de 1,1 milliard de dollars cette année.

Des pics de chaleur observés

Les images ont fait les gros titres de la presse nationale. Au total, ce seraient 2 000 têtes qui auraient péri, victimes de la chaleur au Kansas. Les spéculations sur les causes du sinistre ont poussé Scarlett Hagins, de l’association de l’élevage de bétail du Kansas, à expliquer ce phénomène sur les réseaux sociaux : « Nous sommes passés de 20 à 40°C en une journée. La chaleur extrême, la forte humidité et l’absence de vent n’ont pas permis aux animaux de faire redescendre leur température. C’est très inhabituel dans notre région.

 

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