Les prix des blés US et UE se sont plutôt affaissés cette semaine. Le blé meunier rendu Rouen a perdu 2 €/t, à 162 €/t, suivant l’évolution d’Euronext, où le contrat de décembre est passé de 164,75 €/t la semaine dernière à 162,25 €/t jeudi soir. La baisse a été spécialement marquée pour les blés de la façade atlantique, le prix à La Pallice ayant cédé plus de 6 €/t en l’absence d’activité importante.

L’Égypte a dévalué sa monnaie

Sur la scène internationale, l’Égypte a dévalué cette semaine sa monnaie de manière conséquente et la livre égyptienne flotte maintenant par rapport au dollar. Cette dévaluation a été suscitée par les conditions imposées par le FMI mais son ampleur a dépassé les attentes. Ses conséquences seront multiples, mais un des impacts les plus forts sera de renchérir les achats de blé par ce pays. Après la saga de l’ergot, il s’agit d’un facteur de plus qui conduit à s’interroger sur les volumes que le pays sera capable d’acheter cette saison.

 

L’euro est remonté légèrement par rapport au dollar cette semaine faisant suite au maintien par la Fed américaine de son taux directeur. Cela maintient une pression baissière sur le dollar de même que la remontée de Donald Trump dans les sondages. Ce sursaut de l’euro a contribué aussi à l’affaissement des cotations françaises.

L’Inde a besoin d’importer

En revanche, les prix de la mer Noire sont, quant à eux, restés soutenus par les achats récents de l’Égypte mais aussi par une bonne demande de la part de l’Asie du Sud-Est (Indonésie notamment) et du Proche-Orient. Face à tous ces achats, les agriculteurs de la région ne sont pas très vendeurs. Sur le créneau des blés à 11,5 % de protéines, c’est l’Ukraine qui a le vent en poupe en raison de gros achats indiens.

 

L’Inde, avec sa récolte basse, a besoin d’importer des volumes importants cette année, environ 4 millions de tonnes (Mt). Son gouvernement a réduit la taxe à l’importation à 10 % en septembre contre 25 % auparavant. Ce qui a permis d’accélérer les achats.

 

Du côté de l’Australie, quelques nouvelles plutôt haussières également avec des dégâts dus au gel dans l’ouest du pays. Dans son ensemble, la récolte australienne reste cependant estimée à un niveau élevé mais la qualité demeure une source d’inquiétude.

L’orge fourragère recule

L’orge fourragère Fob Rouen est cotée à 151,5 $/t, en baisse de 2 $/t d’une semaine sur l’autre. En revanche, la cotation russe a gagné 4 $/t à 157 $/t et l’ukrainienne 1 $/t à 159 $/t. Ces deux origines de la mer Noire poursuivent le renchérissement amorcé il y a un peu plus de deux semaines, en lien avec la forte activité d’exportation.

 

Pour l’origine française la situation est toute autre puisque sur les quatre premiers mois de la campagne les exportations de l’UE n’atteignent que 700 000 tonnes, contre 2,3 millions de tonnes la saison passée sur la même période. L’orge française doit gagner en compétitivité pour limiter la perte de ses débouchés traditionnels, perte en partie inévitable cette année au regard de la qualité proposée.

 

Pour l’orge de brasserie, la cotation de printemps Fob Creil s’est raffermie de 2 €/t à 190 €/t et celle d’hiver n’a pas varié, à 158 €/t. Les prix brassicoles sont soutenus par la faiblesse des stocks, notamment en printemps.

Le maïs hésite

Le maïs Fob Rhin s’est renchéri de 3 €/t à 165 €/t, tandis que le Fob Bordeaux a perdu 2,75 €/t à 165,75 €/t. La récolte française était achevée à 79 % au 31 octobre (60 % la semaine dernière), contre 82 % l’an dernier à même date. Dans l’UE les difficultés de transport fluvial sur le Rhin et le Danube persistent, augmentant les coûts de transport et freinant les exportations de maïs de l’est vers l’ouest de l’UE. La situation pourrait sensiblement s’améliorer durant le weekend.

 

Pour les autres origines exportatrices, la tendance est à la baisse : les maïs américains ont reculé de 4 $/t à 166 $/t Fob, les argentins ont également baissé de 3 $/t à 174 $/t Fob. Quant aux ukrainiens, ils restent stables à 172 $/t. La baisse de prix des maïs américains et argentins reflète les révisions en hausse des estimations de productions dans ces deux pays, dans un contexte déjà lourd pour le bilan mondial de maïs.

La récolte américaine record de soja pèse sur le prix

Le prix du soja est en net recul sur une semaine à Chicago (–13 $/t). Bien que la demande chinoise reste dynamique, les bonnes conditions climatiques aux États-Unis ont lourdement pesé sur les cours. En effet, la moisson s’est accélérée, et atteint 87 % des surfaces, un taux maintenant au-dessus de la moyenne quinquennale. La récolte était en retard jusque-là en raison d’un temps très humide.

 

Conséquence, de gros volumes de soja arrivent sur le marché. En outre, les semis sur le continent sud-américain se déroulent dans un contexte climatique favorable, avec des semis brésiliens très en avance par rapport à la campagne précédente. Les agriculteurs souhaitent en effet semer le soja le plus précocement possible, afin d’optimiser les semis de maïs en seconde récolte (ou safrinha).

 

Enfin, le climat politique incertain aux États-Unis a incité des opérateurs financiers à vendre leurs positions sur le soja. Pour l’instant, les prix ne baissent pas fortement, les États-Unis étant en position de quasi-monopole sur le marché mondial, dans l’attente des premières récoltes sud-américaines au début de 2017.

Le colza sous pression

Le colza a subi la pression baissière des huiles mais les inquiétudes concernant le retard de récolte au Canada, le froid en France et en Ukraine ont fortement limité cette baisse. Les prix affichent de légères baisses cette semaine : – 2,5 €/t rendu Rouen, et – 1 €/t en Fob Moselle.

 

Le prix du tournesol à Saint-Nazaire n’a pas varié sur une semaine à 365 €/t. Le cours de la graine continue d’être soutenu par la relative fermeté des huiles et les marges de trituration élevées : l’offre mondiale est toujours prévue à un niveau record mais devrait pouvoir être pratiquement totalement absorbée par les capacités de trituration en expansion en mer Noire.

Les tourteaux de soja dans le sillage de la fève

Les prix du tourteau de soja se sont fortement repliés cette semaine dans le sillage de la graine, et en raison de l’accélération de la trituration dans les gros bassins producteurs. Ils ont ainsi perdu 23 $/t à Chicago, et près de 18 €/t à Montoir. Par ailleurs, les pois fourragers départ Marne affichent 220 €/t. Le prix du pois est stable. Il est soutenu par les faibles stocks attendus en fin de campagne, à la suite de la chute de la récolte française.

 

À suivre : rapport de l’USDA sur les récoltes US la semaine prochaine, arrivée des récoltes argentines et australiennes en blé, rapport de compétitivité entre les orges UE et mer Noire, comportement des blés mer Noire, les exportations US de soja, semis et conditions de culture au Brésil.