C’est en brandissant un autocollant « Vive la Luzerne » qu’Éric Guillemot, le directeur de Coop de France déshydratation, explique le potentiel de la filière pour 2017 à l’occasion d’une conférence de presse ce jeudi 2 février 2017 à Paris. « Depuis novembre, les cours des matières premières protéiques [tourteaux de soja et colza] ont repris des couleurs. Ceux du lait ont progressé. » De bonnes conditions qui ont incité les opérateurs à couvrir leur position afin d’approvisionner les éleveurs avec un sursaut de consommation en élevage.

Demande mondiale en hausse

S’ajoute à cela une demande mondiale en hausse constante. « Sous l’effet du manque d’eau, la péninsule Arabique et l’Iran sont importateurs nets de luzerne. La Chine est, elle aussi, de plus en plus gourmande », analyse Serge Faller, directeur de Désialis, qui commercialise 87 % de la production française de luzerne déshydratée. Il estime le potentiel d’importation de luzerne à 1,5 Mt pour la péninsule Arabique, entre 300 000 à 500 000 t pour l’Iran, et entre 500 000 et 1 Mt pour la Chine.

 

Mais la France ne pourra répondre à cette demande que si elle produit suffisamment. Or les rendements de 2016 ont été décevants. Alors qu’ils atteignent en moyenne 12 t/ha habituellement, ils tournaient autour des 6 à 10 t/ha seulement, du fait de la sécheresse. « Les semis pour la récolte de 2017 se sont faits dans d’excellentes conditions. Il n’y a plus qu’à espérer que dame nature soit clémente pour la suite, et que la pluie revienne », espère Éric Masset, président de Coop de France déshydratation.

 

Une obligation de production accentuée par l’absence de stock français. « Nous avons utilisé tous nos stocks l’an passé à cause de la mauvaise récolte », explique le directeur de Désialis. « La luzerne reste stabilisatrice de revenu », conclut Éric Guillemot, qui rappelle que les baisses de rendement de la luzerne sont sans comparaison avec les chutes observées pour d’autres productions végétales en 2016.