Partenaires privilégiés des exploitants, les organismes stockeurs (OS) planchent pour aider leurs adhérents à faire face à la crise, en concertation avec les banques. Les conseils d’administration de certaines coopératives ont déjà validé un train de mesures, « une pierre dans l’édifice ». D’autres le feront d’ici fin août ou début septembre. Des actions spécifiques pour les JA sont également dans les tuyaux.

Financer la prochaine campagne

 

L’urgence pour les exploitants est de pouvoir financer la prochaine campagne. Les OS proposent ainsi des avances de trésorerie pour la moisson 2016 : 85 à 105 €/t en moyenne pour le blé et 70 à 90 €/t pour l’orge, selon les collecteurs. Des montants ne prenant pas en compte les réfactions sur des poids spécifiques (PS) très faibles dans de nombreuses régions. Mais difficile pour l’instant d’y voir clair sur les barèmes de réfactions, les OS attendant que le marché « digère » la mauvaise récolte.

 

Par ailleurs, la plupart des coops proposent des étalements de paiement des factures d’intrants (semences, engrais, phytos, aliments pour animaux) pour la campagne 2016-2017. Même si certains responsables alertent déjà : « Nous agissons de façon ciblée, en cas de problème important de trésorerie. Si ces mesures deviennent récurrentes, cela revient à faire une démarche de prêt à la consommation. Avec le risque de creuser encore plus le trou. »

Le paiement des semences à la moisson 2017

 

En Lorraine, où la grande majorité des exploitants sont des polyculteurs-éleveurs déjà confrontés à la crise du lait, les distributeurs se mobilisent à l’image de la Lorca (ouverture de lignes de crédits pour financer les appros) et de la Cal (délais de paiement). Dans le Centre, les coops proposent le paiement des semences à la moisson 2017, comme par exemple à la Scael. Axéréal va développer avec les banques des prêts de trésorerie pour financer la prochaine campagne.

 

Même option chez Valfrance en Picardie. La coop se portera caution pour les agriculteurs et a prévu un budget pour alléger le coût du financement. Les adhérents d’Agora, ont aussi demandé à leur direction le report sur trois ans, voire plus, du solde de paiement des appros de la campagne 2015-2016.

 

Chez Cérépy, en Bourgogne, pas de délai de paiement prévu pour les intrants 2015-2016. Mais un report à fin décembre 2016 pour les intrants de l’automne et à août 2017 pour ceux du printemps. L’OS offre aussi la possibilité à ses adhérents d’annuler les commandes en engrais PK et en engrais ternaires réalisées avant la moisson. Il travaille sur une gamme phyto personnalisée, plus économique. Enfin, la coop incite à se tourner davantage vers des cultures de niche qui mobilisent moins d’intrants, comme par exemple l’avoine nue, le pois chiche ou le sarrasin, pour lesquelles elle propose des débouchés.

Le maintien de l’agriculture dans les zones intermédiaires

 

De son côté, Dijon céréales a organisé de nombreuses réunions de crise, avec des agriculteurs « au bord du gouffre mais plein de dignité. » En Bourgogne, c’est en effet la quatrième année difficile pour les céréaliers. La coop a mis en place toute une série de mesures mais « qui ne feront que reporter les problèmes sans les résoudre. La question de fond est plutôt : comment fait-on pour maintenir l’agriculture dans les zones intermédiaires », estime un responsable de la structure.

 

Face à la forte chute de la collecte et au coût important du nettoyage et triage des grains cette année, les OS vont devoir aussi « serrer leurs budgets. » Avec à la clé, l’arrêt des investissements et la réduction des charges. Mais tous appellent à une approche coordonnée pour gérer la crise, avec les autres organismes agricoles, les collectivités, les fournisseurs… Ces derniers disent « réfléchir » à la situation. Une note sur le sujet circule ainsi au sein de l’Union française des semenciers. Des propositions devraient être présentées d’ici peu

 

 

 

 

 

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