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Exploitants à Jumelles, dans l’Eure, Carine et Nicolas Bonnard ont à cœur de sensibiliser les générations futures à leur métier. Ils échangent avec leurs enfants de 9 et 12 ans, bien sûr, mais pas seulement. Chaque semaine, le couple discute depuis son ordinateur via la plateforme Monchamp.fr avec une trentaine d’élèves de 6e du collège Condorcet à Saint-Philbert-de-Grand-Lieu (Loire-Atlantique).

 

Les époux participent depuis septembre à ce projet pédagogique lancé par Passion Céréales et par lequel un agriculteur et une classe tissent des liens, le temps d’une année scolaire. « Nous avons proposé le suivi d’une parcelle de blé pour permettre aux collégiens de suivre son évolution de l’automne aux vacances d’été. Agnès Hatton, professeure de sciences, nous a choisis. »

Une image concrète

En cours, les élèves abordent l’aspect théorique et scientifique de l’agriculture, tandis que Carine et Nicolas répondent aux questions pratiques. « En 5 mois, nous avons échangé une soixantaine de fois, avec des messages et des photos », raconte l’agricultrice de 38 ans. Les collégiens s’interrogent notamment sur le rôle de chacun dans l’exploitation, la charge financière du matériel, et les conditions de pousse des cultures. « Combien de grains au mètre carré ? quelle température faut-il ? qu’est-ce que le déchaumage ? à quelle vitesse roule un tracteur ? etc. », énumère Nicolas, une fossette dessinée sur le visage. « Là-dessus, nous essayons de leur poser des problèmes de mathématique, sourit Carine. C’est l’agriculture au service du programme scolaire. »

 

Le couple met tout en œuvre pour faire écho aux différentes matières enseignées. Il constate qu’aujourd’hui les jeunes sont sensibilisés à l’environnement et au développement durable, mais connaissent moins l’agriculture. « Même s’il est important que les enfants comprennent ce qui se passe dans le paysage, assure Carine, l’agriculture n’est pas qu’esthétique. C’est un outil de production, qui crée des emplois et qui les nourrit. Transmettre nos connaissances, c’est notre rôle tant de professionnels que de citoyens. » La classe est invitée à visiter la ferme. Il reste à la direction du collège à évaluer si le déplacement est possible. « Ce serait l’aboutissement de l’expérience, nous aimerions qu’ils puissent venir nous voir », dit Nicolas en croisant les doigts.