Le congrès, organisé par la Fédération nationale des producteurs de fruits (FNPF) s’est tenu à Valence, « dans une région qui a subi de plein fouet l’épisode de gel du printemps 2021 et des aléas climatiques ces dernières années », rappelle Stéphanie Prat, directrice de la Fédération.

 

« Notre objectif était de prendre de la hauteur, pour montrer que malgré les difficultés, l’arboriculture fruitière est encore une filière d’avenir, que nous y croyons et qu’on cherche des solutions à nos maux », explique-t-elle.

Des enjeux phytosanitaires

Le CTIFL, Centre technique interprofessionnel des fruits et légumes, a présenté son outil « Pilotis », dédié au déploiement de la technique de l’insecte stérile pour lutter contre certains ravageurs. « Et on espère, à terme, contre Drosophila suzukii, indique Stéphanie Prat. C’est sans doute la difficulté majeure pour les producteurs de cerises, qui se retrouvent presque sans solutions. »

 

« On nous pousse à réduire l’usage des phytos, mais on ne nous permet pas d’avoir des solutions de substitution en face, déplore-t-elle. La jolie phrase “pas d’interdiction sans solution” n’est pas vrai sur le terrain en arboriculture. La Drosophila suzukii en est l’exemple le plus marquant. C’est une inquiétude, même une angoisse pour certains producteurs. »

 

L’université de Perpignan était également invitée à présenter ses travaux sur le virus de la sharka, transmis par le puceron. « Il a décimé des vergers, notamment en 2010, donnant lieu à des arrachages importants, se souvient la directrice de la FNPF. Le territoire est aujourd’hui assaini, mais fait l’objet d’une surveillance attentive. Mieux vaut arracher un arbre ou deux plutôt que tout le verger. »

Transmettre son exploitation

Autre sujet de préoccupation des producteurs : la disponibilité de la main d’oeuvre, tant permanente que saisonnière, mais aussi la transmission de leur exploitation.

 

« Cela est sans doute lié à la pyramide des âges qui est assez élevée. Nos adhérents s’inquiètent de savoir comment transmettre, et à qui, rapporte Stéphanie Prat. Souvent, les enfants n’ont pas envie de reprendre, et s’installer hors cadre familial en arboriculture n’est pas simple. Le capital de départ est important, avec des cultures pérennes. »

Cartographie des risques

La FNPF a également présenté le résultat du travail mené sur la cartographie des risques en arboriculture, qu’ils soient financier, climatique, humain, lié à l’eau ou encore à la main-d’œuvre…

 

« L’idée, pour un producteur, est de connaître l’univers de ses risques : certains sont assurables, parfois il faut faire avec, ou bien d’autres sont prégnants sur l’exploitation et il est possible de mettre en place des actions pour en limiter les conséquences néfastes », explique Stéphanie Prat.