Le Pollifauniflor, non, ce n’est pas une potion sortie de la saga d’Harry Potter. Quoique… Ce mélange de dix plantes pourrait bien être magique. Il arrive à être attractif pour les pollinisateurs sauvages, sans trop attirer l’abeille domestique !

Depuis 2016, la Fédération nationale des agriculteurs multiplicateurs de semences (Fnams) et ses neuf partenaires testent ce couvert. « Avec du Pollifauniflor à côté d’une parcelle de semence de carotte, nous arrivons à 68 % de pollens de carotte, explique Elise Morel, ingénieur Fnams Centre Val de Loire. Le mélange est donc tout à fait satisfaisant. Durant deux ans, les abeilles sont restées en place et il n’y a pas eu de dérive vers le mélange.  En revanche, la phacélie et le mélilot sont à éviter dans les zones de multiplication de semences. »

« Ça fourmille ! »

Soutenu par le Cap filière semences de la région Centre, le Pollifauniflor est commercialisé par certains négoces. Sa composition n’étant pas confidentielle, tout distributeur peut le vendre sur demande. Le coût du mélange reste cependant plus cher que celui d’un couvert traditionnel : entre 150 et 200 €/ha pour une dose de 20 kg/ha, pour une mise en place d’au moins trois ans.

Pour Laurent Gasnier, céréalier à Épieds-en-Beauce (Loiret), qui en a semé 0,5 hectare l’année dernière, c’est un investissement réussi. « Il n’y a pas de concurrence avec les semences potagères de mon voisin et les jachères fourmillent de partout, affirme-t-il. La biodiversité des insectes et de la petite faune sauvage est très utile pour mes cultures. » Richard