Plante aromatique et médicinale, la coriandre jouit depuis quelques années d’un intérêt croissant avec des surfaces voisinant les 2 000 hectares en 2021. « C’est une culture de diversification qui présente de nombreux intérêts agronomiques dont celui d’être peu gourmande en eau, déclare Benoît Martin, technicien culture chez AsteraSeed (lire l’encadré ci-contre). Rustique, elle s’accommode de sols sains, filtrants et pousse bien dans les argilo-calcaires. C’est une plante très mellifère qui laisse indifférents les oiseaux et le gibier en général. Enfin, elle est un bon précédent à blé. »

Bon précédent à blé

Cultivée sous contrat en multiplication de semences avec un prix défini avant semis, la production de coriandre requiert une installation dans une parcelle peu infestée de mauvaises herbes et surtout d’ambroisie. La coriandre ne bénéficie que de quelques homologations herbicides. « Afin de garantir la pureté spécifique, il est préférable d’attendre cinq à six ans pour semer une coriandre dans une parcelle qui a reçu une autre ombellifère (persil, carotte), poursuit Benoît Martin. Pour la même raison, les précédents paille ou pois sont à privilégier et les jachères ou le colza à éviter. »

Rouler avant de semer

La période optimale de semis se situe entre le 20 février et le 10 mars. Il faut disposer d’un sol bien ressuyé. Le terrain, structuré­ en profondeur, est préalablement roulé et une seconde fois après. Un semis sur sol soufflé est un semis raté. Il s’effectue à l’aide d’un semoir à céréales à quelque 10-15 kg par hectare, entre 1,5 et 2 cm de profondeur.

En raison de son faible pouvoir concurrentiel, le désherbage chimique de post-semis pré-levée est incontournable. Appliqué sur sol frais, il se décline en deux programmes au choix en fonction de la flore pressentie. Avec une dominante ray-grass, Défi est associé à Racer ME. Les deux herbicides contrôlent bien les graminées, y compris estivales, et des dicotylédones comme coquelicot, datura, gaillet, matricaire, renouée des oiseaux et véronique.

Face à une pression graminées modérée, l’association des produits Prowl 400 + Racer ME est privilégiée avec une bonne action sur chénopode, morelle, mouron ou encore lamier. « Les limaces apprécient la coriandre, ce qui peut entraîner une intervention molluscicide en cas d’attaque pendant la levée, prévient le technicien. Il est aussi indispensable de surveiller les thrips lors de l’émergence, même si les traitements sont rares. Et en cas de forte pression de pucerons, vecteurs de virose, il faut parfois intervenir. »

Surveiller limaces, thrips et pucerons

Elle est peu consommatrice d’azote. Deux apports d’une quarantaine d’unités durant la montaison suffisent à couvrir les besoins de la culture. Enfin, lors des printemps humides, un fongicide à base d’azoxystrobine peut être nécessaire en début de floraison. Le cycle végétatif se prolonge jusqu’au début août pour une maturité et une récolte à la moissonneuse fin août.

Vincent Thècle