Depuis 2018, Arvalis expérimente la lutte mécanique contre les adventices sur le lin fibre, combinée ou non à des interventions chimiques de prélevée. Plusieurs outils ont été testés : la bineuse, la herse étrille et la houe rotative.

Une sélectivité des outils

« Les premiers résultats montrent une bonne maîtrise de certaines adventices comme la mercuriale annuelle ou le séneçon commun, pour lesquelles les taux de destruction atteignent 100 % avec la houe rotative et la herse étrille », rapporte Cynthia Torrecillas, ingénieure à Arvalis. En revanche, l’efficacité est moindre sur les populations d’autres adventices comme le chiendent, la morelle noire, la renouée liseron ou la véronique de perse.

« L’utilisation de la bineuse seule, ou un passage de herse étrille, ou encore trois passages de houe rotative présentent une sélectivité proche du tout chimique », poursuit-elle. Certaines modalités comme le double passage de la houe ou bien cette dernière avec un rattrapage de herse étrille apparaissent moins satisfaisantes, « mais cela est davantage lié au réglage des outils, qui doit encore être affiné. Les résultats devront être consolidés au cours des prochaines campagnes ». Dans la majorité des situations, la herse étrille offre une bonne sélectivité.

Les interventions mécaniques nécessitent un sol suffisamment ressuyé pour le passage des tracteurs, mais pas trop sec pour permettre la pénétration des engins. « Il faut une absence de pluie dans les 48 h pour que les adventices coupées ou déchaussées sèchent et limiter ainsi leur repiquage, explique l’ingénieure. Le type de sol joue aussi : les résultats sont, par exemple, moins bons lorsqu’il est battant. » L’efficacité de la lutte mécanique est, par ailleurs, meilleure lorsque l’intervention est réalisée à des stades précoces des adventices. « C’est d’autant plus vrai pour la houe rotative, commente la spécialiste. La bineuse permet, quant à elle, d’intervenir sur des adventices à des stades plus avancés. »

La mesure des rendements, effectuée sur les essais de 2018, n’a montré aucune incidence des passages des machines, tant sur le lin roui non battu que le lin teillé. Arvalis rappelle néanmoins que le désherbage mécanique doit s’utiliser en complément d’autres leviers, comme la rotation, le travail du sol ou encore le faux semis.

Justine Papin