L’objectif du Civam du Châtelleraudais est de « développer une agriculture durable qui soit viable et vivable économiquement, écologiquement et socialement, tout en permettant aux agriculteurs d’être autonomes », explique Claude Souriau, un des agriculteurs à l’origine du réseau.

C’est dans ce contexte que François Michaud a commencé à réduire les apports en intrants sur son exploitation de 97 ha, sans négliger le rendement. Il a mis en place des associations de cultures d’hiver, en commençant par des mélanges céréales-protéagineux à 6 espèces : féverole, pois, vesce, blé, triticale et avoine. Aujourd’hui, il associe blé et féverole sur environ 18,5 ha, en faisant varier les dominantes, ainsi que orge et pois sur 9,5 ha. Ces mélanges lui assurent une stabilité de rendement quels que soient l’année et les aléas rencontrés. « Parfois, l’équilibre évolue entre protéagineux et céréales, mais il y a toujours quelque chose à récolter », confie-t-il.

Les cultures mélangées ont, en outre, des avantages conséquents sur le développement des maladies et des ravageurs. En effet, les densités de chaque espèce sont moindres sur la parcelle, ce qui permet de limiter leur propagation. « La présence de plusieurs espèces joue également un rôle en agissant comme une barrière », explique-t-il.

Diversifier les assemblages

Les résultats obtenus sur plusieurs années lui ont permis de limiter, au fur et à mesure, ses interventions et ses apports en intrants, et d’évoluer vers le bio. Le principal obstacle auquel il a dû faire face lors de la mise en place des associations a été de trouver un créneau de vente pour ses grains, ne possédant pas lui-même d’élevage. La difficulté à vendre ses mélanges auprès de la coopérative l’a poussé à se tourner vers la vente directe, favorisant les circuits courts.

Le projet participatif APACh (lire l’encadré), porté par le Civam, a permis à François Michaud de tester de nouvelles associations, notamment avec le colza associé à de la lentille ou du sarrasin. Les résultats des essais montraient une amélioration du rendement ainsi qu’une augmentation de la biodiversité, avec une meilleure répartition des espèces auxiliaires observées. Depuis la fin du programme, il continue de tester des associations en mélangeant plusieurs espèces au colza, comme la féverole ou le tournesol.

Fort de ses expériences et face au succès de ses associations sur culture d’hiver, François Michaud effectue depuis deux ans un travail identique sur celles de printemps, en testant des associations tournesol et sorgho, ou soja et sorgho. Mélanie Beranger