Depuis son installation au printemps 2015 sur la ferme de La Seigneurie, à Vicq-Exemplet (Indre), Victor Renaudat a déjà testé diverses productions. Les terres argilo-limoneuses, qui portaient auparavant des prairies et sont désormais vouées à l’agriculture biologique, sont adaptées à cette diversité. « Durant les trois premières campagnes, j’ai cultivé sarrasin, pois, féverole, lentille, cameline, maïs, tournesol en mélange avec du haricot et de la pomme de terre de consommation », expose le jeune agriculteur. Mais c’est la rencontre avec le directeur du Moulin Marion, Julien- Boris Pelletier, qui a initié l’idée de la production de graines de courges destinées à la boulangerie.

« La demande pour des graines d’origine française est importante et non satisfaite, poursuit Victor Renaudat. Je me suis tourné vers la société Pain de Belledonne, avec laquelle nous avons signé un contrat d’approvisionnement de trois ans. L’entreprise garantit un prix rémunérateur et la reprise totale de la production, ce qui a permis d’investir en toute sécurité. »

Un itinéraire simple

La préparation des terres passe par un labour hivernal et l’épandage de 3 t/ha de fientes, destinées à couvrir les besoins NPK de la culture. Un semoir mono-graine, modifié pour accepter les graines de courge, assure la mise en terre avec un écartement entre les rangs de 1,5 m, pour une densité de 18 000 pieds/ha.

« En 2018, nous avons utilisé deux variétés hybrides autrichiennes, explique l’exploitant. En parallèle, nous en avons testé six autres afin de juger de leur précocité à maturité, critère essentiel chez nous. » En culture sèche, le seul travail jusqu’à la récolte consiste à biner deux fois à un mois d’intervalle, fin mai et fin juin, quand les lianes des deux rangs se rejoignent.

La préparation de la récolte débute par le repérage de la maturité des cucurbitacées. Cela consiste à les secouer pour entendre si les graines sont libres à l’intérieur. Ce test donne le signal de départ de l’andainage, courant septembre. Il s’effectue à l’aide d’un premier engin qui pousse et aligne la production, tandis que le second appuie sur les lianes afin d’en détacher les fruits. Les courges terminent leur maturité en restant au sol entre une à deux semaines.

« Nous les ramassons à l’aide d’une machine autrichienne (1 ha/h) très perfectionnée. Celle-ci les pique puis les concasse, en séparant les graines et la chair, qui retombe au sol », poursuit Victor Renaudat. Les graines sont vidées dans des remorques puis acheminées au hangar de réception, où elles sont lavées avant d’être séchées dans les six heures. Elles passent dans un séchoir horizontal, dont la capacité détermine le rythme de ramassage au champ. Cet équipement ramène l’humidité de 50 % à 8 %. »

Pour des raisons agronomiques, le retour de la culture sur une même parcelle n’est possible que tous les cinq ans. C’est pourquoi Victor Renaudat propose des contrats à des fermes voisines converties au bio. Car, dès 2019, la surface totale atteindra 140 ha pour passer à 200 ha en 2020. Avec un produit une fois et demie supérieur à un maïs bio, les candidats ne manquent pas.