En 2017, le cours du blé a décollé fin juin-début juillet, pour redescendre tout aussi vite. Depuis, il stagne, dans un contexte de faible volatilité. Les agriculteurs stockeurs qui ont raté cette occasion de vendre leur blé ont attendu une bonne partie de l’année que les prix remontent, en vain. Aujourd’hui, le marché semblerait enfin s’orienter à la hausse.

Pour profiter de cette montée des cours, même après avoir vendu, il existe un outil sur le marché à terme : l’option Call. Lorsqu’un producteur anticipe une hausse du marché, mais qu’il doit vendre en raison des besoins de trésorerie ou de capacités de stockage insuffisantes, il peut choisir d’acheter un Call.

Comment fonctionne le Call ?

Exemple : le 1er mars, l’agriculteur vend 100 tonnes de blé à 155 euros la tonne départ ferme. Cependant, les facteurs conjoncturels mondiaux sont au vert pour une éventuelle progression des prix. Ne voulant pas passer à côté de cette hausse, il décide d’acheter dans la foulée des options Call. Celles-ci agissent comme une assurance : moyennant le paiement d’une prime, le Call donne le droit d’acheter un contrat sur le marché à terme à un prix fixé, pendant un temps défini. Le coût de la prime évolue en fonction de la volatilité des marchés.

Dans notre exemple, l’agriculteur décide d’acheter un Call sur septembre, à 170 euros la tonne, pour une prime de 5 euros/tonne. Cela signifie qu’à n’importe quel moment jusqu’à l’échéance de septembre, il pourra acheter un contrat de 50 tonnes de blé tendre à 170 €/t, même si les prix ont augmenté. Si, en août, le marché est monté et que le blé tendre est affiché à 200 €/t, l’agriculteur pourra ainsi « exercer son Call » : il achètera un contrat à 170 €/t et vendra un contrat au cours du jour sur le marché à terme (200 €/t). Ainsi, cette opération lui apportera une plus-value de 25 euros par tonne (voir l’infographie).

Que se passe-t-il si le marché baisse ?

Si, finalement, le marché a baissé et que l’échéance septembre cote 130 €/t, il est possible d’abandonner son Call. Dans ce cas, l’agriculteur perd le montant de la prime, c’est-à-dire 5 €/t.

Les organismes stockeurs (OS) sont nombreux à proposer ces outils aux agriculteurs, via des contrats à prix minimum garanti. L’agriculteur reste maître de sa décision d’exercer son Call ou de l’abandonner. S’il possède son propre compte marché à terme, il peut également revendre ses options sans les exercer. Cela s’avère intéressant lorsque le coût de la prime augmente, car l’exploitant peut réaliser une plus-value.