Dès 2010, lors du passage en bio des 185 hectares culivés par Thomas Lafouasse, salarié de la ferme de sa mère Sylvie, à Pecqueuse, dans l’Essonne, le triage et le stockage de la récolte ont été mis en place. « C’est non négociable quand on passe en bio », souligne l’agriculteur.

L’exploitation dispose d’une capacité de stockage de 500 tonnes à plat (trois cases) et de 300 tonnes dans deux cellules intérieures. Pour le tri, les Lafouasse sont équipés d’un trieur séparateur Denis, installé par l’entreprise MTE. Il permet le tri de 50 tonnes à l’heure. Deux élévateurs, une fosse, un tapis de reprise et un chariot, pour distribuer automatiquement soit dans les cellules, soit dans les cases à plat, complètent l’installation. Un boisseau de reprise avec des pesons, pour l’expédition, est situé à l’extérieur. « C’est quasiment une installation de coop. Nous l’avons volontairement surdimensionnée par rapport à nos besoins, pour garder une marge d’évolution », précise Thomas.

Au total, maçonnerie des bâtiments et ingénierie comprises, l’installation a coûté 280 000 euros, dont une partie aidée (environ 60 000 €, en trois ans). 90 % des grains qui passent par l’installation sont produits à la ferme, les 10 % restants sont faits à façon.

Direct après moisson

La moissonneuse est réglée pour « battre le plus propre possible ». Cela limite le risque d’apparition d’insectes, qui préfèrent les grains cassés contenant des impuretés, lesquelles peuvent gêner la circulation de l’air – donc le refroidissement – et entraîner moisissures et toxines. Le tri est effectué à la sortie de la moissonneuse. « On ne veut plus prendre de risque, car tout retard peut vite ajouter des points d’humidité, qui nuisent à la qualité de la récolte, insiste le producteur, qui en a fait la malheureuse expérience. On peut reprendre ensuite à l’automne ou pendant l’hiver, en fonction de la destination des lots – semences, blé transformé en pâtes… – et du degré de salissement. »

En dehors du blé, les grains restent en moyenne quatre mois à la ferme. « D’un point de vue sanitaire, notamment vis-à-vis des insectes, il est important de ne pas stocker trop longtemps », ajoute Thomas. Quant à la ventilation, « nous nous donnons jusqu’à novembre pour redescendre les tas à 5 °C, sachant qu’ils arrivent à 25 °C. »