«En conditions hivernales classiques, bâche, couverture de paille et andain filtrant permettent de limiter l’humidification du sol sous les tas et, par conséquent, l’entraînement de l’azote en profondeur dans les sols », explique Paul Ponchant, responsable environnement à l’Itavi (1). « Les pertes, sous forme ammoniacale (NH4 +), restent fixées dans les horizons superficiels. » Les essais Itavi, menés dans les Landes (fumier de canetons) et dans les Côtes-d’Armor (poulet lourd), comparent cinq modalités de stockage : tas témoin sans rien, bâche, couverture par la paille, couche de paille sous le tas, et andain filtrant de paille.

Les premières observations ont montré que la mise en place d’une couverture limite l’humidification du tas avec un taux de matière sèche supérieur à 50 % pour les tas couverts contre 35 % pour ceux sans couverture.

Comme une éponge

Un andain autour du tas permet de récupérer une partie des eaux de ruissellement et de l’azote dans la paille, et donc présente une efficacité similaire à la couverture. Le lit de paille s’est avéré moins performant. Il est plus poreux à l’air que le fumier. L’oxygène présent permet de minéraliser une partie de l’azote ammoniacal et le rend ainsi plus mobile d’où un risque de lessivage accru.

« En conditions hivernales très pluvieuses, la couverture de paille (épaisseur 30 cm) est la modalité qui limite le plus le lessivage de l’azote en profondeur, analyse Paul Ponchant. La paille joue un rôle d’éponge et limite le ruissellement à la surface du tas. Il y a moins d’eau au sol. De plus, cette eau est en contact avec la paille et non avec l’azote du fumier, ce qui limite l’entraînement des nitrates en profondeur. »

(1) Travaux présentés le 16 novembre 2017, lors de la Journée volailles de chair, à Pacé (Ille-et-Vilaine).