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Appliquer les gestes barrières contre l’ergot

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Céréales à paille - Appliquer les gestes barrières contre l’ergot
Toutes les céréales peuvent être affectées. Toutefois, il existe une différence de sensibilité selon les espèces qui va, par ordre d’importance, du seigle au triticale, au blé dur, au blé tendre (photo), à l’orge et enfin à l’avoine. © Arvalis

Agronomiquement, il existe plusieurs leviers pour venir à bout de ce pathogène sur les céréales à paille.

« L’ergot est un pathogène relativement commun sur l’ensemble du territoire depuis les années 2000, rappelle Béatrice Orlando, chez Arvalis. Nous nous sommes toutefois aperçus que les moyens de prévention étaient mal connus. C’est pourquoi nous lançons un plan d’action national, auquel sont associés cent collecteurs. Une dizaine de fiches permettront de communiquer sur le sujet. »

Surveiller la proportion de sclérotes

Sa présence n’est pour autant pas systématique. Elle est en effet conditionnée par le climat­ de l’hiver et du printemps­ (dissémination aérienne des ascospores en adéquation avec les premières floraisons de graminées adventices ou de céréales). Puis elle dépend de la dispersion des conidies par les insectes, le vent, les pluies, et du contact entre épis contaminés et sains.

S’il n’est pas aisé de détecter sa présence au champ, il est facile de voir ses grains noirs dans les bennes à la moisson. C’est le cas lorsque la proportion de sclérotes dans les lots de céréales est importante. En revanche, il faudra un œil plus averti s’il y en a moins.

Pour protéger les consommateurs (voir l’encadré à droite), l’organisme stockeur devra donc évaluer le lot et le nettoyer s’il n’est pas conforme. Et cela a un coût.

Lorsque la présence de l’ergot est avérée, plusieurs leviers agronomiques devront être mis en place pour qu’il ne contamine pas les cultures qui suivent. Ainsi, comme ce sont les sclérotes enfouis à moins de 10 cm dans le sol qui vont germer et contaminer d’autres graminées et céréales, il est recommandé de réaliser un labour ou tout travail du sol permettant de les enfouir à plus de 10 cm. Les sclérotes restant viables dans le sol durant environ deux ans, il faudra, de plus, réaliser l’année suivante un travail superficiel pour ne pas les remonter à la surface.

Pas de traitement de semences

« Diversifier sa rotation est aussi un bon moyen de lutte, surtout en non-travail du sol, précise Arvalis. Puisque le pathogène contamine les graminées, il faudra éviter de cultiver des céréales à paille sur la parcelle. »

La maîtrise des graminées adventices (vulpin, ray-grass, notamment) dans le champ, comme en bordure, est de plus essentielle. Ces dernières sont en effet très sensibles à l’ergot. Cela passe par l’emploi d’herbicides adaptés ou par un fauchage au début du stade de floraison de ce type de flore.

Le thirame et le prochloraze n’étant plus disponibles en traitement de semences, l’emploi de semences saines, indemnes de sclérotes, est un autre prérequis. « Si les trieurs optiques et les tables densimétriques ont une efficacité prouvée, des travaux montrent que le nettoyeur séparateur dispose tout de même, moyennant des soins de tri particuliers, d’une efficacité de l’ordre de 40 % », annonce la spécialiste.

Céline Fricotté

Vers une baisse des limites maximales

Le rendement n’est pas ou peu altéré par Claviceps purpurea mais il affecte la qualité sanitaire via les alcaloïdes qu’il contient. Sa présence est dangereuse au-delà d’une certaine quantité car il peut provoquer des confusions mentales, des convulsions, des nécroses des extrémités du corps… pouvant aller jusqu’à la mort. Il est donc nécessaire de respecter la réglementation pour garantir la santé des consommateurs. En alimentation animale, il ne faut pas dépasser 1 g de sclérote par kilo de céréales mais des discussions débutent pour modifier cette limite maximale. « Le seuil de 0,5 g/kg en alimentation humaine devrait évoluer sous peu à la baisse », précise Béatrice Orlando.

À savoir

Si l’on sait que certaines variétés demeurent plus sensibles que d’autres, cette thématique n’est pas travaillée. En revanche, il est prévu d’étudier l’impact de la méthanisation sur les sclérotes. Cette pratique pourrait en effet montrer de l’intérêt lorsqu’un lot est très touché.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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