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Alliance réussiedu maïs et d’une paille

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Bien que le rendement du maïs soit légèrement affecté, la culture intermédiaire à vocation énergétique (Cive) permet d’augmenter la marge nette de l’agriculteur de 93 €/haen moyenne sur trois ans. © Photos : Clémence Aliaga - Arvalis

Si le maïs produit davantage en monoculture seule, son partenariat avec une interculture d’hiver d’avoine rude optimise l’ensemble du système.

Depuis trois ans, Arvalis teste l’impact de l’introduction, en hiver, d’une culture intermédiaire à vocation énergétique (Cive). En l’occurrence, de l’avoine rude (variété Iapar) entre deux maïs conduits en monoculture sur la plate-forme Syppre, de Sendets, à l’est de Pau (64).

En raison de la nécessité de récolter la Cive au stade optimum, afin d’atteindre une quantité de biomasse conséquente, le semis de maïs est retardé par rapport à une implantation classique. Arvalis conseille donc de choisir une variété demi-tardive (DKC4814 dans l’essai, à la place de la référence P0725), laquelle permet de moissonner à des taux d’humidité raisonnables dans la seconde moitié de septembre et d’implanter l’avoine dans la foulée (entre le 20 septembre et le 10 octobre).

« Néanmoins, le décalage de la date de semis pénalise le rendement, car la Cive est récoltée fin avril, et le maïs, au lieu d’être semé entre le 15 et le 30 avril, est implanté début mai », remarque Clémence Aliaga, ingénieur régional sud-Aquitaine. En moyenne sur trois ans, le maïs - avec l’avoine - produit 119 q/ha (contre 128 q/ha pour la référence mulchée après récolte), soit une perte de 9 q/ha.

Parallèlement, les charges de production augmentent (1), mécanisation en tête (+ 260 €/ha, principalement pour récolter la Cive en prestation avec une ensileuse classique). Les charges opérationnelles s’alourdissent de 110 €/ha pour la semence certifiée d’avoine rude diploïde et de 54 €/ha pour l’engrais épandu sur la culture intermédiaire.

En revanche, le maïs est récolté légèrement plus sec grâce au changement de précocité (- 35 €/ha pour les frais de séchage). Et en supposant qu’un débouché pour la Cive existe, sa vente compense la baisse de production du maïs suivant et génère un surplus de produit brut de 540 €/ha en moyenne sur trois ans.

Au final, la Cive permet d’augmenter la marge nette de l’agriculteur de 93 €/ha en moyenne sur trois ans, soit une hausse de 26 % (en comptant les aides Pac). « Son introduction peut faire craindre un risque de diminution du taux de matière organique du sol par rapport à un maïs avec un couvert d’interculture, mais les simulations montrent que le système monoculture de maïs avec Cive n’est pas moins favorable qu’une monoculture classique. » En effet, les racines et chaumes de l’avoine d’hiver ne sont pas exportés.

Labour recommandé

Petit bémol, l’institut recommande un travail du sol assez profond avant d’implanter le maïs. « L’avoine est récoltée avant l’épiaison. Or, les résidus - 10 à 20 cm d’avoine au sol - peuvent repartir. Pour éviter cela, soit plusieurs passages de déchaumeur sont nécessaires ; un seul serait insuffisant car en cas de pluie l’avoine repique. Soit il faut traiter au glyphosate. Soit le labour s’impose. » Pour limiter le recours au travail profond, il conviendrait donc d’avoir des Cive à épiaison précoce. Des recherches sont en cours pour fiabiliser le système, notamment sur le choix des espèces et des variétés.

Isabelle Lartigot

(1) Pour une exploitation de 63 ha et 1 UTHavec des aides découplées de 270 €/ha, un fermagede 199 €/ha, des charges diverses de 145 €/haet une rémunération de la main-d’œuvre familialede 247 €/ha (moyenne sur trois ans).

En termesde cumulsde températures, avril est favorable à la productionde biomassepar l’avoine Cive. © Clémence Aliaga - Arvalis
Cive : une productionde 6,1 t MS/ha en moyenne

Dans les tests d’Arvalis, l’avoine Cive a produit 6,1 t MS/ha en moyenne triennale, avec un pic haut en 2017 (8,4 t MS/ha) grâce au cumul de températures en avril. En revanche, les conditions froides et humides du printemps 2018 ont grevé le rendement (3,8 t MS/ha). « L’avoine a besoin de 70 unités d’azote apportées en sortie d’hiver pour atteindre son potentiel de production. » Sur la plate-forme d’essais, les conditions pluvieuses n’ont pas permis le passage des tonnes à lisier, d’où une fertilisation minérale (ammonitrate). En cas de pression adventices (stellaire intermédiaire), un désherbage peut être nécessaire mais peu de produits sont sélectifs de l’avoine.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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