Vous êtes abonné

Première visite ?

Inscrivez-vous
Imprimer Envoyer par mail Commenter

« Adopter de nouvelles pratiques pour améliorer la qualité de l’eau »

réservé aux abonnés

 - -->
« Le but est de gagner ma vie en intégrant le volet environnemental, via le GIEE, explique David Gourmaud. J’espère produire un colza en employant moins d’intrants et à rendement équivalent. » © C. Fricotté

David Gourmaud s’emploie à réduire l’utilisation des phytos et des engrais sur l’aire d’alimentation de captage.

David Gourmaud, agriculteur en TCS (1) à Paizay-le-Sec, dans la Vienne, s’efforce d’utiliser au mieux le pouvoir de défense naturelle des êtres vivants, aussi bien dans son activité d’éleveur de porcs que dans celui de céréalier. C’est donc naturellement qu’il a intégré le GIEE (2) de Gué de Sciaux, dès sa création (lire l’encadré). Les actions engagées par ce collectif portent sur la mise en place de couverts végétaux, le désherbage mécanique des céréales ou encore le pilotage de la fertilisation azotée.

David a, notamment, testé les plantes compagnes. « C’est la première année que je sème des féveroles, du fénugrec et de la lentille avec mes colzas, indique l’exploitant, seul du GIEE – pour le moment – à avoir mis en œuvre cette technique. De nombreuses références existant, je suis directement parti sur la totalité de ma surface, soit 28 hectares. » Cependant, compte tenu de la sécheresse de l’année, la levée n’a pas été simple. « À l’heure actuelle, il faut semer tôt et, surtout, être opportuniste, insiste-t-il. Les terrains doivent être prêts pour les semis dès que des précipitations sont annoncés. »

L’implantation a eu lieu le 20 août dernier, après une pluie de 6 mm, pour le colza, le fénugrec et la lentille. En revanche, celle des féveroles est intervenue le 8 août. L’objectif est que cette dernière espèce soit au-dessus du colza au début du cycle et qu’elle crée un effet répulsif pour les grosses altises. Le colza doit atteindre 4 à 6 feuilles entre le 10 et le 15 septembre pour mieux se défendre. « J’ai subi moins de dégâts de grosses altises que dans les parcelles voisines, explique David. De plus, étant éleveur, j’apporte du lisier, qui le rend plus robuste. »

Résultats encourageants

Les essais suivis par la chambre d’agriculture donnent des résultats similaires. Il y a eu, d’un côté, des colzas associés semés assez tôt, avec un apport de lisier, un traitement de semences de biocontrôle (Integral Pro), une variété avec une bonne vigueur au départ. Et, de l’autre côté, la modalité avec semences de ferme sans engrais organique ni plantes compagnes, sur 28 mètres. En moyenne, 3,3 larves d’altises par plante ont été observées dans la partie solo, contre 0,4 en culture innovante. « Je n’ai pas prévu de passer d’insecticide, confie David. Si, en sortie d’hiver, la bande de 28 m s’avère trop faible, je retournerai cette partie de la parcelle. »

Quant aux pesées à l’entrée de l’hiver, elles montrent un léger plus pour la partie associée : 600 g (contre 500 g), auxquels il faut ajouter 1,3 kg pour les plantes associées. Ainsi, la restitution au colza pourrait être de 15-20 unités d’azote. « Je suis en cours de conversion au semis direct sous couvert, ajoute-t-il. Mon autre souhait est que cette biomasse soit disponible pour nourrir mon sol. »

Céline Fricotté

(1) Techniques culturales simplifiées.

(2) Groupement d’intérêt économique et environnemental.

Le GIEE de Sciaux, créé en 2018

« Nous sommes une dizaine de céréaliers et polyculteurs-éleveurs à avoir constitué, en 2018, le GIEE autour de l’aire d’alimentation du captage du Gué de Sciaux, indique David Gourmaud. Il s’agit d’un partenariat avec le syndicat d’eau potable Eaux de Vienne, la chambre d’agriculture et BASF. L’idée est de modifier nos pratiques afin de restaurer le bon état écologique de la ressource en eau potable, tout en favorisant la stabilité économique de nos exploitations. Nous allons suivre des formations sur la conservation du sol, sur des innovations technologiques et sur les cultures associées, à bas niveau d’intrants, ou limitant le risque de lessivage. »

Votre analyse quotidienne du marché - Oléagineux

Le colza reprend son souffle après une forte hausse

Les prix du colza cédaient un peu de terrain mercredi 8 décembre 2021 en milieu de journée sur le marché européen, après avoir enregistré une forte progression la veille.
Imprimer Envoyer par mail Commenter
Commenter cet article 0 commentaires
En direct
Afficher toutes les actualités

Cet article est paru dans La France Agricole

Transmission & Patrimoine : tous les conseils pour passer le relais !