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Adapter le traitement pour une pomme de terre en bonne santé

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Si le plant et le sol sont indemnes de rhizoctone, une impasse peut être envisagée, principalement pour le débouché transformation et féculier. Le risque est plus important pour le marché frais, où le besoin en qualité du produit fini est élevé. © N. Cornec

Les maladies superficielles sont surtout préjudiciables à la qualité

Le rhizoctone brun, la gale argentée et la dartrose sont des parasites de présentation qui altèrent la qualité visuelle du plant de pomme de terre. « Le rhizoctone brun peut entraîner des retards à la levée et occasionner des pertes de rendement précoces, note l’institut Arvalis.

Les deux autres pathogènes évoluent au stockage et causent de nombreux litiges avec la grande distribution puisque la gale argentée, par exemple, peut se développer en moins de vingt-quatre heures juste après le lavage des pommes de terre si l’humidité reste sur le tubercule. » L’enjeu économique est de taille, notamment sur le marché du frais, avec le développement des pommes de terre lavées.

Quelques mesures prophylactiques

« En cas de traitement avant plantation, il faut veiller à ne pas sortir le plant trop tôt du frigo, surtout lors d’une année compliquée où il est difficile de rentrer dans les parcelles, explique Guillaume Beauvallet, ingénieur chez Arvalis. Il est aussi possible de traiter pendant l’hiver, en veillant bien à manipuler les tubercules réchauffés et secs avant de les replacer au frigo. »

Pour limiter les risques, des précautions sont à prendre, en commençant par examiner le plant afin de s’assurer de sa qualité sanitaire. Les contaminations au rhizoctone s’évitent en adoptant une rotation de cinq ans minimum. « Il est également primordial de limiter le délai de défanage à deux ou trois semaines, poursuit Guillaume Beauvallet. Plus la pomme de terre reste dans le sol, plus les maladies se développent et la qualité visuelle se dégrade. De plus, si la récolte s’effectue en conditions humides, il faut sécher, ventiler et mettre au froid rapidement pour éviter la dartrose et la gale argentée. » Il est recommandé de conserver les pommes de terre dans de bonnes conditions de températures et d’humidité, et d’éviter les problèmes de condensation pendant le stockage et le déstockage.

Des actions liées au débouché

Le traitement à appliquer se décide en fonction de l’objectif de la production. « Pour le débouché transformation ou fécule, il est possible de se contenter d’un simple anti-rhizoctone », résume Guillaume Beauvallet, mais « pour le marché du frais, les producteurs ne prennent pas de risques quand le préjudice peut se compter en milliers d’euros. La qualité de présentation des tubercules à destination de la consommation doit être élevée. » Il existe peu de produits efficaces contre la gale argentée : Sercadis, Celest 100 FS, Oscar WG. En outre, prévient l’ingénieur, « Monceren Pro, à base de pencycuron, n’est plus commercialisé par Bayer. La molécule, en cours de révision par l’Europe, pourrait voir sa LMR diminuée et ne plus correspondre aux doses appliquées. » Tous ces produits anti-gale fonctionnent contre le rhizoctone brun. Contre la dartrose, en revanche, le choix est encore plus restreint : l’application d’Amistar en raie de plantation est la seule solution homologuée.

Justine Papin

Reconnaître les symptômes

Il n’est pas toujours évident d’identifier les différentes maladies à l’œil nu.

« Le rhizoctone brun développe des sclérotes noirs. Sa forme réticulée peut être confondue avec la gale commune, informe Guillaume Beauvallet, d’Arvalis. Le producteur peut aussi se tromper entre la gale argentée et la dartrose, dont les symptômes sont assez similaires. Il est alors nécessaire de réaliser un diagnostic en laboratoire pour identifier la maladie, en observant la fructification à la loupe. »

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Cet article est paru dans La France Agricole

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