La semence, un allié pour réduire les phytos

« Le président de la République, qui est passé sur le stand du Gnis lors du dernier Salon de l’agriculture, l’a affirmé : “Si vous souhaitez que le monde politique soutienne vos activités, faites en sorte qu’elles soient acceptées par l’opinion publique.” Au moins, ça a le mérite d’être clair. Oui, désamour, il y a ! Un travail de communication de longue haleine nous attend. Il faudra des années de pédagogie pour que nos métiers soient mieux compris et acceptés.

L’image de la semence est associée à celle d’une agriculture productiviste. Les variétés d’aujourd’hui ne seraient capables de produire qu’en étant gavées d’engrais chimiques et de pesticides. Pourtant, jamais la prise en compte de la tolérance aux maladies n’a pesé autant dans les décisions d’inscription des variétés de céréales. Il existe, par exemple, des orges tolérantes à la jaunisse, des blés tolérants à la cécidomyie orange, mais aussi un protocole d’inscription dédié aux variétés de blé pour l’agriculture biologique… Et d’autres innovations sont à venir, qui aideront les agriculteurs à trouver des solutions efficaces et adaptées à l’agroécologie.

Le travail de communication doit permettre d’expliquer en quoi les nouvelles technologies de sélection sont des outils indispensables et fiables pour répondre aux attentes de plus en plus fortes en matière de tolérance et de résistance variétale aux bioagresseurs.

Le paradoxe du Téléthon

Je ne m’explique pas comment un pays comme la France, qui soutient avec un enthousiasme et une persévérance indéfectible le Téléthon, peut faire preuve d’une telle défiance lorsqu’il s’agit d’appliquer des méthodes similaires pour les plantes ? Comment peut-on perdre autant de temps dans des discussions oiseuses sur la possibilité de cultiver en agriculture biologique du blé Renan ou du tournesol oléique, issus tous deux de nouvelles techniques de sélection des plantes ?

Je comprends et je partage le souhait d’apporter de meilleurs produits, mais laissez-nous travailler. Nous devons tenir un discours cohérent au consommateur. Ne jouons pas sur les peurs. Il faut continuer à regarder devant soi et accepter le progrès. C’est vrai, il y a des risques, mais vivre c’est précisément prendre des risques. Sachons faire la part du vrai et de l’infox.

Les uns avec les autres

Il est grand temps que nous reprenions notre communication en main. L’UFS (2) n’est pas une succursale de l’UIPP (3). Nous sommes heureux de les avoir à nos côtés, car ils sont en mesure de proposer des solutions pertinentes. Mais la semence apportera des réponses qui permettront à la fois de contrôler les charges et de maîtriser les risques. Nous aurons besoin de l’agrochimie lorsqu’elle fournira la solution qui a le meilleur profil. C’est un ensemble, ce n’est pas les uns contre les autres, c’est les uns avec les autres. »

Propos recueillis par Céline Fricotté

(1) Groupement national interprofessionnel des semences et plants.

(2) Union française des semenciers.

(3) Union des industries de la protection des plantes.