Gilbert Guillerm (Finistère)

Votre article concernant des agriculteurs bio (vignes et pommes de terre) ayant utilisé des produits de synthèse m’interpelle en tant que victime d’une contamination (La France agricole du 14 octobre, page 16). Voilà l’histoire : automne 2015, mon voisin bio plante des oignons de jours courts, dits « oignons japonais ». Le temps doux et humide de l’automne accélère le développement végétatif et le mildiou des alliums (peronospora destructor) est présent dès novembre. Au printemps 2016, la maladie explose et contamine en quelques semaines deux cantons du Nord Finistère qui sont gros producteurs d’échalotes de tradition et d’oignons de Roscoff AOC-AOP, affectant fortement, suivant l’exposition des parcelles, le rendement et le calibre. La parcelle biocontaminante a été détruite par son propriétaire au début de l’été ! Les années sans mildiou sont rares et sa nocivité est bien connue des producteurs concernés comme des jardiniers avertis. Une protection fongicide a minima reste très souvent insuffisante. L’augmentation de la production légumière bio accroîtra le potentiel contaminant : celui qui ne protège pas ses cultures condamne ses voisins à en faire plus : adieu à l’IFT à moins de 50 %. Le cahier des charges bio doit être revu avec obligation de protection et élimination des plantes exotiques ou très contaminantes. La taxation abusive de certains fongicides doit cesser : 3,82 € par kg pour le mancozèbe ! L’agriculture n’est pas un jeu de hasard et ceux qui seraient tentés de se moquer des lois naturelles devraient se souvenir que le bon voisinage s’entretient par le respect mutuel.