Anne-Pascale Guiguen-Gautier (Côtes-d’Armor)

J’ai eu un lait positif aux antibiotiques le 2 mars, alors que le protocole de traitement et le délai d’attente du traitement sur une vache ont été suivis à la lettre. Le 24 février, j’ai fait venir la vétérinaire pour une vache « sandre » qui avait un mal de patte et qui a été diagnostiquée avec un panaris et une petite métrite. La vétérinaire a donc piqué ma vache à l’histabiosone. Et j’ai repiqué le 25 février au matin, puis le dimanche 26 février au matin (pendant la traite, vers 8 h), comme l’avait noté la vétérinaire.

Sachant que le délai d’attente est de deux jours, j’ai remis au tank le lait de la vache concernée le mardi soir 28 février (délai de 58 heures après la dernière injection, au lieu de 48 heures exigées). La collecte du mardi soir, mercredi matin, mercredi soir (1er mars) et jeudi matin (2 mars) s’est avérée positive.

Les analyses ont prouvé qu’il y avait des traces d’antibiotiques mais la citerne n’a, elle, pas « viré » : la laiterie a utilisé ce lait comme d’ordinaire. Le lait a été employé, c’est nous consommateurs qui allons le boire… mais moi, j’ai à payer 130 % de pénalités, soit 337,40 euros.

L’échantillon de lait analysé a été détruit dans la foulée par le labo, donc aucune vérification n’est possible…

Le labo qui a produit le médicament histabiosone décline toute responsabilité et donne comme raison de ce résultat positif mon petit litrage de 849 litres ce jour-là. S’ajoute pour eux l’existence de faux positif (cf. feuille de l’Anses saisine n° 2012-SA-0007 paragraphe 2, p. 3) qui met en doute les résultats du labo d’analyse sur lequel se base ma laiterie…

Je suis outrée du manque de soutien de cette coopérative laitière qui ne pense qu’au profit et oublie que la devise d’une coopérative est de défendre ses adhérents. S’ajoute également le manque de prise de responsabilités du labo, ce qui est déplorable pour la filière, car un délai d’attente doit être vraiment valable.

Tous ces interlocuteurs (laiterie, laboratoire) se renvoient la balle, mais au final c’est le petit producteur qui doit payer !