Francis Étienne Apiculteur et président de la FGSAM Marne

Suite à l’article paru dans la France agricole du 18 mars p. 10, un agriculteur marnais nous a interrogés sur la mortalité des abeilles dans la Marne. Les apiculteurs, que je représente, ont des pertes qui s’établissent ces quinze dernières années entre 9,81 et 25 %. Une mortalité hivernale de 9 % est considérée comme normale. Ces deux dernières années, les mortalités sont à moins de 10 % (résultat de fiche d’enquête remplie par 75 % des apiculteurs du département et qui représente 85 % du cheptel apiaire de la Marne). Les ruches marnaises sont traitées contre le varroa avec des produits ayant une AMM. La Marne est l’un des plus gros consommateurs de produits phytos, d’après l’émission « Cash Investigation ».

Il ne faut pas oublier que nous sommes une importante région viticole. Les mortalités rapportées (40 et 50 %) semblent relever d’autres facteurs, ce qui n’efface pas la part insecticides. La dernière phase de mortalité de nos ruches connue par traitement phytosanitaire remonte aux années 1990. L’apiculture Marnaise compte dans ses rangs un bon nombre d’agriculteurs retraités et notoirement 8 fermes agricoles conduisant 80 à 1 000 ruches sur des exploitations de 120 à 400 ha avec diverses productions (blé, orge, colza, luzerne, pomme de terre, betterave). C’est aussi 350 apiculteurs amateurs, pluriactifs et professionnels. Une apiculture très sédentarisée. La FGSAM (Fédération des groupements et syndicats apicoles marnais) est indépendante mais entretient des échanges et contacts permanents avec le monde agricole et ses organisations. Nous sommes représentés dans leurs différentes commissions et projets en lien avec nos préoccupations, notamment la commission environnement des différents syndicats agricoles.

Le rendement à la ruche est chez nous supérieur à la moyenne nationale. Il est aussi dépendant de la biodiversité que les agriculteurs apportent. Voici quelques-unes des actions en grandeur nature que nous menons avec le monde agricole : nous participons à « Dynamique projet » en initiant à l’apiculture des agriculteurs et nous travaillons avec l’association Symbiose pour favoriser des paysages de biodiversité. Nous sommes impliqués dans son projet Apiluz pour la ressource alimentaire des abeilles, (par exemple, laisser une bande de luzerne non-fauchée (environ 7 m de large par parcelle) afin de la laisser fleurir. Le dialogue entre apiculteurs et agriculteurs amène ainsi à des partenariats utiles à la gestion des territoires.