Tout le monde espère que la crise sanitaire va se terminer. Quoi qu’il en soit, les autres vont suivre, qu’elles soient économiques, sociales ou politiques. L’heure des bilans viendra, mais également celle de l’analyse, du décompte des dysfonctionnements et des règlements de compte. Les ténors démolisseurs, les partis menaçants, les commentateurs moralistes, chacun y va de sa critique au vitriol. Il faut cependant reconnaître que quelque chose n’a pas fonctionné correctement.

Les Français sont connus pour avoir l’une des meilleures Administrations du monde, tout comme son système de santé. Mais face à un virus qui a été le même pour tous, ils n’avaient ni masques ni tests. L’organisation à la française est surtout celle de l’embrouillamini. Les laboratoires vétérinaires proposent de réaliser des tests biologiques ? Niet. Les cliniques privées proposent des lits ? Pas tout de suite. Des masques bloqués en douane, des pharmaciens qui ne peuvent vendre les leurs… La liste des accrocs est impressionnante. Pas de certification, pas d’agrément, pas d’accords, pas de consignes. Il manquait toujours quelque chose.

Et quelque chose ne va pas dans ce meilleur des mondes-là. La France a un niveau de dépenses publiques parmi les plus élevés. L’Ena est un concours délirant, avec des candidats parfois époustouflants – je peux le certifier, ayant été jury plusieurs années –, mais à quoi bon, si c’est pour en arriver là ?

Chacun pensera ce qu’il veut de notre ministère de l’Agriculture pendant cette période. Mais, un seul chiffre pour donner l’ambiance. J’ai jeté un œil aux programmes de distribution de lait dans les écoles. Certes, un programme inutile pour l’occasion, puisque les écoles sont fermées. Mais juste pour voir. Quand les Français récupèrent 150 000 euros, les Pays-Bas en touchent quatre fois plus et l’Allemagne 8 millions ! Cherchez l’erreur. L’Administration la meilleure du monde, sûrement.

par Nicolas-Jean Bréhon