3 % des fonds collectésen 2018

Ces plateformes ne financent pas que des projets à vocation culturelle. Contrairement à ce que peut penser la majorité des Français, elles soutiennent aussi d’autres secteurs. Les contributeurs affichent une double motivation. Ils sont sensibles aux enjeux environnementaux et de santé, et espèrent une certaine rentabilité.

C’est en ce sens que l’agriculture a une carte à jouer. Ainsi, la part des projets agricoles dans les financements participatifs augmente rapidement. Ils ont représenté 3 % des fonds collectés en 2018, soit 12,1 millions d’euros sur un total de 402 millions collectés.

Par ailleurs, ces plateformes sont encore petites par rapport aux banques. Mais nos relations avec ces dernières ont changé depuis cinq ans. Elles sont aujourd’hui conscientes de notre complémentarité, en particulier en matière d’énergies renouvelables.

31 % des agriculteursont déjà contribué

En 2017, nous avons réalisé une étude de notoriété concernant le financement participatif sur un échantillon représentatif de la population française (3 000 enquêtes). Il s’avère que les agriculteurs l’ont grandement utilisé par rapport à la moyenne des Français. Nos investigations ont montré que 31 % y ont déjà contribué. Peut-être parce qu’ils sont de plus en plus connectés, et qu’il s’agit d’un secteur dans lequel le fonctionnement coopératif est déjà très ancré. Pour les porteurs de projet, c’est un bon moyen de se donner une forte visibilité, comme de se constituer une communauté avec un effet levier important. Il permet, de plus, de se créer des fonds propres, et parfois de débloquer d’autres formes de financement.

Les particuliers sont prêts à prendre des risques

La responsabilité des plateformes de financement participatif est de sélectionner les projets, et de favoriser le rapprochement avec les contributeurs. Nous les informons des risques encourus. C’est ensuite aux particuliers de décider ou non de les financer. Ils sont conscients des aléas et les acceptent.

Plateformes généralistesou spécialisées

Plusieurs plateformes existent pour accompagner les projets agricoles et agroalimentaires. Certaines sont généralistes (WiSEED, Lendopolis…), et trois sont spécialisées : MiiMOSA, Blue Bees et AgriLend. Cependant, il faut choisir en fonction de son projet, ce qui est délicat. Une plateforme spécialisée donne accès à une communauté de prêteurs plus sensible à son sujet, mais cible moins large. Chaque réseau possède la sienne avec des centres d’intérêt différents. Par conséquent, avant d’opter pour une plateforme partenaire, le porteur de projet doit nécessairement définir le montant à collecter et le type de financement approprié.

Propos recueillis par Marie Salset

(1) Une association qui regroupe les plateformesde financement participatif.