« Nous sommes situés à vingt minutes au sud de Limoges par l’A20. Avec l’arrivée de l’autoroute dans les années 1980, Vicq-sur-Breuilh est devenue attractive pour les néoruraux. La première vague était composée de cadres du groupe industriel Legrand, leader mondial des systèmes pour installations électriques, dont le siège est implanté dans le sud de Limoges. La deuxième vague a concerné de jeunes ménages, à la recherche de 1 000 m² pour installer un toboggan et avoir une tondeuse. Nous voyons aussi arriver des personnes - la plupart du temps des familles monoparentales - qui pensent que la pauvreté est plus facile à la campagne qu’à la ville. Ce qui n’est pas le cas. Souvent, la cantine ou l’eau sont peu, voire pas payées. Enfin, des retraités et des cadres plaquent tout pour la campagne.

Nous faisons cependant face à deux types de pression. Il existe tout d’abord les problèmes de voisinage. Par exemple, un néorural a acheté 1 007 m², qu’il a entièrement clôturés. Un jour, il est venu furieux à la mairie, parce que sa clôture avait été démolie par son voisin agriculteur (celui-ci ne s’était rendu compte de rien). Je lui ai conseillé de laisser un peu de marge et je lui ai aussi rappelé qu’il avait choisi de vivre ici pour le paysage et que les agriculteurs qui l’entouraient s’en occupaient pour lui.

La campagne est considérée comme sacrée aujourd’hui. Les réclamations, si elles ne datent pas d’hier, s’accroissent. La deuxième tension autour du foncier est liée au grignotage des terres agricoles. Il y a une forte demande de la part d’agriculteurs, qui souhaitent vendre 1 000 m² pour un fils, une nièce… Mais je ne peux pas les définir comme constructibles sous peine de mitage. Ils défendent alors leur dossier devant le commissaire-enquêteur auprès de la préfecture. Certains préfets font preuve de souplesse. Je crois qu’il faut rester prudent malgré la pression et que cette souplesse doit être très encadrée. »