«Dans La France agricole du 11 juin 2021, votre éditorial fait chaud au cœur. Il ouvre un horizon, une perspective donnant de l’espoir. L’espoir d’une agriculture positive, qui ne s’interdit rien sauf le sectarisme, dont le seul objectif est de faire mieux à tous niveaux (agriculture à la fois productive sans perte de rendement et réparatrice par le soin du sol, de l’air, de l’eau et de la biodiversité). Une agriculture écologiquement intensive par l’introduction de couverts végétaux systématiques en interculture dans les parcelles, et par l’appui des vers de terre et des racines de couverts pour ameublir le sol. Une agriculture qui rejoint l’intérêt bien compris de l’industrie agroalimentaire, car c’est une agriculture qui prend par les cornes le plus grand défi ayant jamais menacé l’humanité : le réchauffement climatique.

Mettant cette agriculture en pratique depuis quelques années, j’ai trouvé un regain d’intérêt au métier que j’aime tant. Passionnant ! Passionnant de voir le sol s’améliorer dès les premières années au niveau d’une texture plus grumeleuse, ce qui est le top de l’agronomie. Passionnant de voir ses couverts grouillant d’insectes, d’oiseaux, de biodiversité, en surface comme en profondeur du sol. Passionnant de voir les mottes de son sol farcies de galeries de vers de terre. Passionnant de voir des champignons fructifier entre les maïs moins d’un mois après le semis. Intéressant d’économiser du carburant, de l’acier des pièces d’usure, et les mécaniques des tracteurs.

Cependant, cette agriculture mérite d’être aidée par le paiement du carbone qu’elle stocke, d’une part, et par la reconnaissance de la biodiversité qu’elle protège, d’autre part. Aux industriels de le faire en pouvant ensuite communiquer aux consommateurs le mérite de leurs produits issus de ces techniques comme participation à la lutte contre le réchauffement climatique. L’initiative « 4 pour 1 000 » – augmentation de quatre pour mille par an du taux de matière organique dans les sols – explique tout cela. Aux politiques, aux journalistes généralistes de se renseigner, à l’État de soutenir moralement ces techniques. Aux syndicats agricoles de comprendre que la pratique de cette agriculture intelligente ne peut qu’attirer la sympathie générale pour les agriculteurs, en faisant accepter toutes les techniques… du moment que leur bilan carbone est positif.

PS : On veut favoriser la biodiversité ? Plantons des haies ! Pour aider les agriculteurs à en planter plus, une mesure simple, qui ne coûte rien : passer l’équivalence d’un mètre linéaire de haie non pas à 10 m2 de surface d’intérêt écologique (SIE) comme actuellement, mais à 100 m2 de SIE. »

par Alain Duphil Haute-Garonne