« 2020 marque le début de la troisième décennie du XXIe siècle. Cette décennie va être capitale car elle va marquer un virage du point de vue de l’Humanité. Le dérèglement climatique actuel résulte d’une démographie galopante avec un modèle économique mondial qui n’est plus adapté. Mis en place à la fin de la Seconde Guerre mondiale pour 500 millions d’Occidentaux, il ne fonctionne plus pour les plus de sept milliards d’habitants que nous sommes aujourd’hui. Ce dérèglement climatique qui en découle signifie qu’il faut changer de modèle économique. C’est l’affaire de la planète entière et de tous les secteurs économiques, pas seulement celui de l’agriculture.

Changements positifs

Les changements de modèles économiques n’ont eu lieu que très rarement dans l’histoire humaine, seulement quand une rupture technologique majeure s’est produite, comme l’imprimerie ou encore la mécanisation en agriculture. À chaque fois, on se demande s’il faut accepter ou pas le progrès. Or, nous sommes en train de vivre la plus grande rupture technologique de tous les temps, et celle-ci se cumule à l’urgence climatique. De ce fait, nous n’avons pas le choix, il faut y aller et vite. L’agriculture est un des premiers secteurs qui commence à vivre cette rupture grâce notamment aux sciences mathématiques. Par exemple, c’est le secteur qui se sert le plus de drones devant l’armée, le plus de satellites… L’avenir de l’agriculture va être synonyme de changements extrêmement importants des pratiques, des modes de fonctionnement. Vous allez vivre, dans le secteur agricole, ce que les anciens ont connu quand la mécanisation est arrivée dans les campagnes. À tous les niveaux, on peut avoir demain un bouleversement technologique que personne n’avait vu venir.

Ces ruptures vont être passionnantes mais nous devrons être prêts à tout moment à des changements brutaux, toutefois positifs, qui permettront de dire que l’agriculture s’adapte à ce qu’attend l’économie mondiale. Il va être nécessaire d’orienter les investissements vers le secteur agricole. Ces transformations doivent se faire avec des revenus davantage satisfaisants pour les jeunes générations.

Dans le même temps, il va falloir nourrir une population mondiale en forte croissance. Alors qu’une partie des Français est focalisée sur le végan, en Asie (4,2 milliards d’habitants), ceux qui s’enrichissent veulent consommer de plus en plus de viande, et de qualité.

Métier d’avenir

Au niveau mondial, l’image de l’agriculture française est excellente à ce point de vue. Les pays asiatiques constituent des débouchés incroyables pour l’agriculture française. Il est indispensable à présent de voir comment on y répond ensemble, et pas chaque producteur dans son coin. L’agriculture est donc le premier métier d’avenir. C’est un avis que partage le monde entier sauf la France ! Ce secteur est capital et stratégique à ce moment précis où une rupture technologique d’une grande ampleur se passe. C’est quelque chose de très enthousiasmant ! »

Propos recueillis par Chantal Urvoy