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Investir dans le photovoltaïque redevient rentable

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Le photovoltaïque connaît un regain d’intérêt. Même si les tarifs de rachat ont été divisés par cinq depuis 2009, la baisse presque aussi importante du prix des panneaux – divisé par quatre durant la même période – redonne de la rentabilité aux projets.

Définir son projet

Investir comment ? Pourquoi ?

Si le but est simplement d’améliorer son revenu, que ce soit en revendant l’électricité ou en économisant sur sa facture, un exploitant peut choisir d’investir, seul ou à plusieurs, dans une centrale photovoltaïque. S’il a un projet de réfection de toiture ou de nouveau bâtiment, il a la possibilité de mettre sa toiture ou une parcelle de terrain à disposition d’un investisseur, qui se chargera des travaux. Dans ce cas, l’exploitant ne perçoit aucun revenu de la vente d’électricité, mais peut se faire financer une partie importante de ses travaux. Il peut également percevoir un loyer pour la mise à disposition de son toit. Néanmoins, il faut faire attention à qui l’on s’adresse et bien lire les clauses du contrat.

Les conditions de base

« Un toit exposé plein sud et incliné à 30 degrés (pente de 57 %) est idéal, mais cela reste intéressant avec un toit à 15 degrés (25 % de pente) et des orientations sud-est ou sud-ouest », indique Guillaume Coicadan, conseiller énergie à la chambre d’agriculture du Rhône. Autres critères indispensables : une charpente en bon état, dans le cas d’un bâtiment existant, et l’absence de masque proche (arbre, bâtiment) ou lointain (montagne).

Vendre ou autoconsommer

Quatre options

L’électricité produite peut être vendue intégralement ou autoconsommée totalement ou partiellement, avec ou sans revente du surplus. En cas d’autoconsommation, les coûts de raccordement sont plus faibles et une prime est versée à l’investissement. Mais les tarifs de rachat du surplus sont nettement moins intéressants qu’en vente totale : 6 centimes/kWh pour une installation de 36 ou 100 kWh, contre respectivement 12,07 et 11,24 en contrat de vente totale ! En autoconsommation, le revenu vient principalement des économies liées au non-achat d’électricité au réseau. Toute la difficulté est de les chiffrer… « L’autoconsommation peut être envisagée pour les fermes ayant une consommation forte en journée et relativement constante dans l’année, avec une facture d’électricité au moins égale à 6 000 euros  HT par an, conseille Guillaume Coicadan. Et le projet devra être dimensionné au plus juste, car la vente du surplus est très mal rémunérée, et le stockage sur batterie n’est pas encore rentable, même si la technologie évolue très vite. »

Rentabilité à long terme

Durée de vie : quarante ans

Dans le cas d’une vente totale d’électricité, les recettes sont connues d’avance grâce aux tarifs d’achat garantis sur vingt ans. En autoconsommation, les économies augmentent avec le temps, car le coût de l’électricité se renchérit au fil des ans (1). Dans les deux cas, les premières années permettent surtout de rembourser les annuités d’emprunt. Mais avec une durée de vie des panneaux de quarante ans, c’est sur le long terme qu’il faut regarder.

(1) Cette hausse est toujours prise en compte dans les modèles de simulation.

Bérengère Lafeuille
Définition

Le Wc (watt crête) représente la puissance fournie sous un ensoleillement standard de 1 000 W/m² à 25 °C, pour une inclinaison de 30°.

Un kWc (1 000 Wc) correspond à environ 6 m2 de panneaux.

« Mieux vaut faire grand et vendre en totalité » Guillaume Coicadan, conseiller en énergie à la chambre d’agriculture du Rhône

En général, la vente totale permet de mieux valoriser le potentiel photovoltaïque. Les projets en autoconsommation sont intéressants dans certains cas : sites isolés, équipements très consommateurs en journée (chambres froides, robots de traite…). Il faut que les économies réalisées soient assez importantes pour amortir l’investissement. Mais il faut absolument limiter la production d’électricité en surplus, car elle est très mal rémunérée et elle ne remboursera pas les panneaux excédentaires. L’appréciation de la surface de panneaux à installer est donc un point crucial.

Si la capacité de production (surface de toit disponible) est nettement supérieure aux besoins en autoconsommation, on a intérêt à l’exploiter au maximum dans le cadre d’un contrat de revente totale. En général, mieux vaut faire grand et revendre l’électricité en totalité que sous-exploiter son potentiel photovoltaïque, ou produire du surplus qui sera vendu à perte. Et comme le coût d’investissement est dégressif avec la puissance installée, on a toujours intérêt à se placer à la limite haute d’une plage tarifaire (1), par exemple 36 kWc ou 100 kWc, pour bénéficier du meilleur tarif au meilleur coût.

(1) Les tarifs sont définis pour des puissances  3kWc, 9kWc, 36 kWc, 100 kWc et au-delà.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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