Quelles ressources trouver sur l’exploitation ?

Entretenir ses haies

Au lieu de passer chaque année l’épareuse sur toutes les faces de la haie, il peut être profitable d’allonger les cycles d’intervention afin de produire du bois. Il faut tailler fortement de façon à faire entrer de la lumière pour favoriser la régénération de la haie et réduire l’ombre portée sur la parcelle. Les cycles d’intervention devraient être de 10 à 15 ans pour les arbres têtards, 15 à 25 ans pour les bois tendres (saules, peupliers…) et 25 à 30 ans pour les bois durs (chêne, châtaigner…). Les chantiers doivent être programmés en hiver quand la sève ne circule pas dans les arbres, ou entre août et la chute des feuilles, à sève descendante. « Après chaque intervention, il est indispensable de clôturer la haie pour protéger les jeunes pousses du bétail », recommande Sylvie Monier, directrice de la Mission haies Auvergne.

Organiser son chantier

Les élagueurs, les entreprises de travaux forestiers ou les Cuma sont souvent équipés de matériel adéquat et de chauffeurs qui savent travailler en respectant l’avenir de l’arbre. Encore faut-il, pour rentabiliser la coupe et le broyage de faibles volumes sur chaque ferme, organiser une tournée du matériel. « De la bonne organisation du chantier dépendra le prix du m3 de plaquettes », prévient Sylvie Monier.

Un volume de bois égal à une heure de broyage, soit 30 m3 apparent plaquette (MAP), doit être entreposé dans un endroit accessible. Tous les pieds doivent être disposés avec la base du tronc vers la déchiqueteuse, en évitant les corps étrangers. La hauteur des tas est de 50 cm à 1 m maximum pour les perches de grande longueur et de 3 à 4 m pour du billon. La déchiqueteuse est mobile, elle accède au plus près du bois. Il est préférable de transporter les plaquettes plutôt que le bois à broyer.

Comme pour un chantier d’ensilage, deux bennes seront nécessaires pour transporter les plaquettes vers le lieu de stockage. Sur l’exploitation, le stockage peut se faire à l’abri dans un bâtiment ou à l’extérieur sous une bâche type Toptex. Les plaquettes doivent être disposées en tas de 3 m minimum, sous forme de dôme. Inutile de remuer. Elles sont sèches en 3 à 4 mois.

Comment utiliser les plaquettes ?

En stabulation

Il faut étaler une première couche de 7 à 10 cm de plaquettes au godet, à la pailleuse ou à l’épandeur à axe vertical. Elles peuvent être laissées 2 à 4 semaines, avant de remettre une couche de 10 cm de plaquettes ou, selon la disponibilité de la ressource, pailler normalement. Ensuite, la fréquence du paillage diminuera, car la sous-couche de plaquettes absorbe mieux l’urine.

« Pour les aires raclées, l’exploitant peut épandre un petit volume de plaquettes tous les 2 jours. C’est un excellent antidérapant », déclare Sylvie Monier. Par exemple, en litière extérieure dans les zones très sollicitées, aux abords des nourrisseurs, sur le chemin journalier, sur les aires d’attente de la traite, les plaquettes résistent bien au piétinement, si elles ont été installées par temps sec. Une couche de 30 à 40 cm peut être laissée 6 à 18 mois. Cette litière très absorbante est peu fermentescible, elle est donc plus froide, plus propre et moins odorante. Le risque pathogène de boiteries en est réduit. « Contrairement aux craintes des éleveurs, il a été constaté que les veaux y vont tout autant que sur de la paille », assure la directrice de la Mission haies Auvergne.

Au champ

Les plaquettes de bois blancs (aulne, frêne, peuplier, saule) et de branches (châtaignier, chêne) peuvent être épandues comme un fumier à paille. Elles ne doivent pas être enfouies, car le bois se décompose en surface, en présence d’oxygène. « En respectant ces précautions, les mesures réalisées par diverses structures (chambre d’agriculture du Cantal, lycées agricoles, FDCuma) montrent qu’il n’y a pas d’acidification des sols, ni de phénomène de faim d’azote à la suite de l’épandage. Aucun développement de champignons pathogènes n’a été observé », confirme Sylvie Monier.

Par Gaia Campguilhem
Expert
« Oser la culture de la haie et de l’arbre » Sylvie Monier, directrice de la Mission haies Auvergne

«La haie produit une ressource renouvelable qui, bien gérée et bien exploitée, est source de revenus. Nos mesures de productivité montrent que toutes les haies peuvent être rentables. Par exemple, les arbres têtards ou “trognes” présentent une productivité exceptionnelle. La production de biomasse dans ce type d’arbre est 3 à 10 fois supérieure à celle d’un sujet de la même essence en croissance libre. Avec la mécanisation, il est possible de relancer leur récolte. »