Le matériel

Amortissement sur quinze ans

Les investissements lourds qui touchent davantage au génie civil s’amortissent sur quinze ans. Avant même d’avoir commencé à forer, les recherches menées par un cabinet d’études spécialisé en hydrologie ainsi que le dépôt des dossiers administratifs pour les autorisations se chiffrent déjà entre 500 et 6 000 euros suivant le département et l’interlocuteur.

Viennent ensuite le forage et sa profondeur puis le local technique. Le réseau enterré de canalisations, quel que soit le diamètre s’amortit également sur quinze ans.

Amortissement sur dix ans

Le matériel d’équipement du forage tel que les armoires électriques et la pompe s’amortissent sur dix ans. « Le débit apporté par la pompe, 45 ou 300 m3 par heure, influe peu sur le coût d’utilisation ramené au passage d’irrigation », précise Jean-Pierre Peral, conseiller technique à la chambre d’agriculture de la Somme.

Amortissement sur cinq ans

L’équipement d’épandage doit être amorti sur cinq ans en raison de son usure rapide, que l’on ait choisi un enrouleur, un système pivot ou encore une rampe.

L’outillage et les investissements qui y sont liés auront d’ailleurs peu d’impact lorsqu’on les aura ramenés au coût d’utilisation par passage. Chacun trouvera son intérêt en fonction de ses besoins.

Le Fonctionnement

Énergie : électrique ou thermique

L’énergie électrique reste moins chère sur le long terme et plus facile d’emploi au quotidien, même si au démarrage du projet elle peut être particulièrement coûteuse à installer. La distance à parcourir pour le raccordement ou la nécessité pour l’opérateur de mettre en place un transformateur ajoutent vite des zéros au coût d’installation.

L’énergie fossile avec un moteur thermique est de moins en moins conseillée, notamment en raison des vols de gasoil. « S’il faut ravitailler tous les jours, il est nécessaire de prendre en compte le coût de main-d’œuvre », signale le conseiller technique.

La main-d’œuvre

Environ 22-23 euros brutsde l’heure

Le poste « main-d’œuvre » inclut la mise en place et l’utilisation. Un temps plein aura la capacité de gérer trois enrouleurs dans la journée.

Pour calculer le bon coût hectare, il est important de prendre en compte le coût horaire d’un technicien, autour de 22-23 euros bruts chargés.

Travail à part entière

Les applications sur Smartphone proposent de se simplifier le travail avec des systèmes d’alarme en cas d’avarie.

De plus, des caméras disposées sur le matériel permettent de vérifier le fonctionnement.

« Les exploitations qui irriguent sont tout le temps au taquet de leur capacité, nuit et jour. La fatigue s’installe au fur et à mesure de la campagne et les soucis avec. Plus on possède de matériel, plus on déplore des fuites et davantage on a d’alarmes », prévient Jean-Pierre Peral. L’irrigation doit être vue comme un temps plein, de jour comme de nuit, ce qui est rarement intégré dans le coût final.

Pauline Bourdois

L’expert
« Trouver des solutions techniques plus durables » Jean-Pierre Peral, conseiller technique en légumes, à la chambre d’agriculture de la Somme

« De plus en plus d’exploitations se tournent vers l’irrigation. L’activité des entreprises du secteur le confirme. C’est peut être d’ailleurs le moment de le faire, car ce sera certainement plus difficile d‘obtenir des autorisations de pompage à l’avenir, sans parler de la spéculation sur le foncier entre les terres irriguées et celles qui ne le sont pas.

Reste qu’épandre de l’eau avec les solutions les plus utilisées en France, comme les enrouleurs ou les pivots, pose question sur le plan de la durabilité. Il va falloir trouver d’autres solutions techniques, y compris pour une meilleure acceptation sociétale. Ainsi, en Israël, les enjeux sont déjà là et les exploitants produisent des légumes, les exportent, avec des quantités d’eau bien inférieures aux nôtres, grâce à une irrigation de précision. »