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Décrocher un financement auprès d’une banque

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Rares sont les projets de développement qui ne nécessitent pas de réaliser un emprunt. Que ce soit pour la mise en place d’un nouvel atelier, la reprise d’une exploitation ou un simple achat de matériel, il est parfois difficile de convaincre la banque. Voici quelques clés afin de mettre toutes les chances de son côté.

Anticiper, le maître mot

Donner une vision globale

Pour une demande de prêt, le conseiller bancaire a besoin de nombreuses pièces administratives. L’enjeu est d’abord de lui donner une vision globale du projet. Le document comptable est la base. « Il faut anticiper et permettre à son comptable de réaliser la clôture de l’exercice dans les trois mois », explique Romain Rabreau, conseiller de gestion chez Fiteco. Si la comptabilité n’est pas récente, ou lors d’une reprise ou de la mise en place d’un nouvel atelier, il est vivement conseillé de réaliser une étude prévisionnelle ainsi qu’un budget de trésorerie sur au moins un cycle de production. Le prévisionnel doit montrer une marge de sécurité, sans oublier de tenir compte des besoins privés. « C’est un gage de pérennité, tant pour la banque que pour l’exploitant », ajoute Romain Rabreau. Le plan de financement doit proposer des prêts sur une durée adaptée à l’âge du chef d’entreprise et à l’état des biens à financer. Pensez à définir les investissements sur les cinq ans à venir. Il est plus difficile de demander un financement supplémentaire a posteriori.

Sécuriser son projet

Évaluer tous les risques

Demander des devis ou faire appel à un expert certifié pour l’évaluation du matériel et des bâtiments rassure la banque. De même, justifier d’un bail à long terme pour l’exploitation des terres, ou au moins d’un bail ou d’une promesse de bail, apporte de la sécurité. Mais avant tout, il faut obtenir une autorisation d’exploiter auprès de la DDT. L’exploitant doit aussi envisager tous les types de risques : l’exploitation est-elle drainée ou irriguée ? A-t-il souscrit une assurance récolte, une assurance prévoyance ou homme clé ? La constitution d’une épargne de précaution est aussi un élément primordial.

Soigner la relation

Consentir des garanties

La possibilité de fournir une garantie à la banque fera souvent la différence. « Mais il ne faut pas accepter une garantie à n’importe quel prix », conseille Romain Rabreau. Dans le cas d’une caution solidaire, les biens privés ne sont plus protégés. « C’est dommage quand une société agricole, comme une EARL ou un Gaec, a été créée dans ce sens. N’hésitez pas à refuser la caution solidaire en donnant ces arguments », rajoute le conseiller. Il existe d’autres types de cautions comme le privilège de prêteur de denier (PPD) ou l’hypothèque. Le PPD peut être utilisé pour un bien existant à condition qu’il y ait un transfert de propriété. Il coûte moins cher que l’hypothèque, qui convient dans les autres cas.

Impliquer tous les acteurs

Une fois toutes les pièces du dossier réunies, l’idéal est d’organiser une réunion commune pour présenter le projet à tous les partenaires. Deux avantages à cela : chacun a le même degré d’information et, s’il existe un point de blocage, les compétences sont mutualisées afin de trouver une solution.

Marie Salset
Fonds de roulement

Chaque banque fixe un plafond pour le financement du besoin en trésorerie. Il varie en fonction de la production et de la surface exploitée. Par exemple, selon la banque, le montant d’un prêt court terme de trésorerie est au maximum de 350 à 600 €/ha en polyculture-élevage.

Expert
« Vérifier et démontrer la viabilité du projet » Romain Rabreau conseiller de gestion chez Fiteco, membre de AgirAgri

«Créer un nouvel atelier, construire un bâtiment, reprendre une exploitation, ce n’est pas comme acheter une nouvelle paire de bottes ! Il faut anticiper et surtout vérifier la viabilité du projet. L’étude économique doit démontrer l’existence d’une marge de sécurité d’au moins 10 000 € ou 10 % de l’EBE. Si ce n’est pas le cas, mieux vaut revoir son plan de financement : diminuer le montant des investissements ou rallonger la durée des prêts. Parfois, il est plus sûr d’abandonner le projet. Pour une installation, le montant de la reprise doit être raisonnable par rapport à la rentabilité économique de l’exploitation. C’est souvent difficile à faire entendre au cédant, mais indispensable à la pérennité de la structure. Même si le dossier démontre la solidité du projet, la banque peut refuser le prêt, considérant que le risque est trop grand. Il ne faut pas hésiter à faire jouer la concurrence. Si une banque refuse de financer, toutes n’auront peut-être pas la même réponse. Attention, si la mise en place d’un financement alternatif, type crowfunding, peut aider à boucler le budget, c’est rarement un élément décisif pour le partenaire financier. »

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Cet article est paru dans La France Agricole

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