Vous êtes abonné

Première visite ?

Inscrivez-vous
Imprimer Envoyer par mail Commenter

Trouver les bonnes solutions

réservé aux abonnés

 - -->

De nombreuses exploitations manquent de disponibilités financières. Des solutions existent pour passer le cap, mais elles doivent être adaptées à chaque situation.

Évaluer la situation

Budget prévisionnel

Sur une exploitation, la gestion de la trésorerie est l’une des problématiques récurrentes lorsque survient un aléa (crise sanitaire, sécheresse…). Une bonne gestion sera la garantie de pouvoir mieux redémarrer l’activité après la crise. « Pour évaluer ses besoins, le budget prévisionnel de trésorerie est un outil simple mais puissant. Il permet de déterminer la durée ainsi que l’intensité de l’éventuel déficit et donc d’adapter les solutions à mettre en œuvre. La réponse apportée variera en fonction de la situation », analyse Amélie Fercoq, conseillère d’entreprise à la chambre d’agriculture de Côte-d’Or.

Recettes et dépenses

Il est préconisé de réaliser, dans un premier temps, un budget de trésorerie mensuel de l’année écoulée. Il s’agit de lister les recettes et les dépenses, mois par mois, à partir du dernier grand livre comptable (compte 7 pour les produits et 6 pour les charges) et d’un échéancier des emprunts. Il servira de base pour se projeter et réaliser un budget prévisionnel pour l’année à venir.

« J’ai l’habitude de dire que pour réaliser un budget de trésorerie, il faut sortir de la logique comptable, souligne Amélie Fercoq. C’est un outil qui permet de gérer les fluctuations de son compte en banque et qui est assez facile à mettre en œuvre. »

Trois cas de figure

Durée courte et faible niveau

Si le déficit mis en évidence persiste pendant moins de deux ou trois mois et que son montant est peu important en valeur, le report de certains règlements auprès des fournisseurs est parfois suffisant. « Il est important de bien connaître les conditions contractuelles en vigueur avec ses fournisseurs, de vérifier les délais d’exigibilité des paiements et de savoir si des escomptes ou un échéancier sont envisageables, poursuit la conseillère. Quand cela est possible, il est préférable de demander un report de l’impôt ou de la MSA, plutôt que de faire attendre un fournisseur. »

Une demande de découvert autorisé pourra également être déposée auprès de la banque. Attention à en demander les conditions (plafond, taux…). L’exploitant peut aussi anticiper certaines ventes. Mais il faut bien en évaluer les conséquences (perte de produits versus diminution de charges). Une autre solution est la réduction des prélèvements privés, ou la réinjection de trésorerie, quand cela est possible.

Longue durée

Si le déficit court sur plus de deux ou trois mois, la souscription d’un prêt à court terme auprès de la banque doit être étudiée. Attention, cette dernière demandera systématiquement une garantie, souvent en lien avec une rentrée d’argent (aides Pac, crédit TVA…).

Jusqu’en décembre 2020, il est possible de demander un prêt de trésorerie garanti par l’État (PGE), mis en place dans le cadre des mesures de soutien aux entreprises durant la crise liée au Covid-19 (lire l’encadré ci-contre).

Déficit structurel

Lorsque le déficit est récurrent et que son montant est important, les difficultés sont davantage structurelles que conjoncturelles. Des actions plus radicales doivent être mises en œuvre, au travers d’une remise en cause du système de production, par un travail sur les produits et les charges. Le report de certaines annuités d’emprunt ou un prêt de consolidation (sur trois à sept ans) peuvent être une solution, mais elle reste difficile à négocier auprès de la banque. Il faut avoir bien préparé ses arguments avant de solliciter un rendez-vous, et arriver avec des propositions.

En dernier recours, il est possible d’envisager une décapitalisation pour libérer de la trésorerie (foncier, certains matériels…).

Marie Salset

Un court terme garanti par l’État

Le prêt garanti par l’État (PGE) est ouvert à toutes les entreprises, quelle que soit leur forme juridique (sauf les sociétés civiles immobilières). C’est un prêt de court terme d’un an, qui peut être rééchelonné sur cinq ans au plus. Son montant est, au maximum, de 25 % du chiffre d’affaires de 2019, hors taxes. Son taux est de 0,25 % (coût de la garantie à 90 % par BPI France). La banque ne prend pas de frais de dossier.

Expert
« Solliciter la banque n’est pas la seule solution » Amélie Fercoq, conseillère d’entreprise à la chambre d’agriculture de la Côte-d’Or

« Contrairement à ce qu’on pourrait croire, beaucoup d’agriculteurs ont perdu la main sur la gestion de leur trésorerie. Il faut se réapproprier cette notion, qui fait partie des outils du chef d’entreprise. Il existe plusieurs clés à actionner lorsque la trésorerie est tendue. La solution passe souvent par un cumul de plusieurs leviers d’action, qui diffèrent selon la durée et l’intensité du “creux” de trésorerie à combler. Aller voir sa banque est une des solutions, mais cela ne doit pas être la seule, car elle n’est pas gratuite. Elle a un coût. Il faut aussi utiliser tous les autres leviers disponibles (report de règlements, réduction des charges…) et, surtout ,aborder le rendez-vous avec son conseiller bancaire en ayant des propositions. »

Imprimer Envoyer par mail Commenter
En direct
Afficher toutes les actualités

Cet article est paru dans La France Agricole

Transmission & Patrimoine : tous les conseils pour passer le relais !