En première ligne pour charger les navires, les personnels portuaires de Santos, premier port d’Amérique latine, ont menacé, à la fin du mois de mars, de paralyser l‘activité si des mesures de prévention plus sérieuses n’étaient pas appliquées. Absence de masques ou de gel hydroalcoolique, contacts avec des marins venant d’Europe ou de Chine, de nombreux problèmes ont été soulevés. Depuis, plusieurs mesures sont en vigueur dans les ports brésiliens. À Paranaguá, par exemple, la température de chaque chauffeur ou employé est contrôlée à l’entrée du port et un poste de santé provisoire a été installé pour orienter les cas suspects. Malgré ces précautions, plusieurs contaminations ont été détectées dans différents ports du pays.

Si le rythme de chargement du soja reste satisfaisant, les exportateurs ne baissent pas la garde. « La préoccupation majeure est la logistique. Les frais d’attente des navires ont déjà augmenté sur le port de Santos », observe, auprès de l’agence Reuters, Eduardo Andretto, directeur juridique du groupe agroalimentaire Cofco Brésil.

L’export de produits frais (viande bovine, volaille ou fruits) est, quant à lui, ralenti par la situation dans les pays de destination comme la Chine et l’Union européenne. Bloqués au sein des ports, les conteneurs réfrigérés ne sont pas revenus au Brésil pour charger et commencent à manquer.

Benoît Devault