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Bocage, zones humides Des inventaires réalisés dans la concertation

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« Les agriculteurs ont été acteurspour établir la cartographie », expliquent Stéphane Piquet et Gilbert Le Rousseau, maire et adjoint (à d.), accompagnésde trois d’entre eux, Francis Delaunay, Patrick Hardy et Éric Gillet (de d. à g.). © I. Lejas

Dans le cadre de la révision du plan local d’urbanisme (PLU), la communede La Bouëxière a procédé à un inventaire du bocage et des zones humidesen y associant étroitement les agriculteurs.

«Réaliser un inventaire du bocage et des zones humides dans la concertation et le respect de chacun : tel était notre enjeu lorsque nous avons commencé ce travail », rappelle Stéphane Piquet, maire de La Bouëxière, en Ille-et-Vilaine. La révision du PLU nécessitait, en effet, d’établir cet inventaire. Particularité de la commune : elle est très dense en espace boisé. Sur 5 000 ha, près de la moitié est en forêt.

Classer des terrains en zone humide, identifier des haies en espace boisé…, comment réussir ces opérations de repérage impliquant de pénétrer sur des propriétés privées. Le tout dans la sérénité. Voilà la question qui se posait aux élus. D’autant plus que la réunion publique de lancement des opérations de révision du PLU, effectuée en amont et destinée à sensibiliser la population, a fait ressortir de nombreuses inquiétudes. Notamment de la part d’agriculteurs qui craignaient une réglementation renforcée à l’avenir.

Croiser carteet réalité du terrain

La méthode choisie a donc été la transparence. Un groupe de travail a été constitué. Regroupant élus, agriculteurs, associations environnementales et le cabinet d’études Quarta, il a été chargé de mener une étude sur les zones humides, puis d’engager l’inventaire du bocage. L’équipe s’est déplacée sur le terrain dans chaque secteur afin de croiser les données entre la carte et la réalité, soit au total dix visites à chaque fois. Une vingtaine d’exploitants ont été associés.

Concernant les zones humides, s’agissant d’un diagnostic, ce travail n’a pas posé de problème. Les éleveurs sont plutôt soucieux des futures législations.

La tâche était plus complexe pour les haies. Outre le diagnostic, il s’agissait de faire un classement. Une démarche forte puisqu’il fallait dire ce qui relevait d’un espace boisé classé (EBC) ou d’un élément de paysage, ce choix entraînant plus ou moins de contraintes pour la gestion par la suite.

« Nous savons et connaissons l’intérêt des haies pour notre activité, rappelle Francis Delaunay, agriculteur impliqué dans la démarche. L’appréhension portait surtout sur l’évolution future des fermes car il y a de moins en moins d’exploitants. » Les haies ont été classées selon quatre critères : rôle antiérosif, hydrologique, paysager et écologique. Un consensus a été trouvé. « Les agriculteurs ont accepté le principe que les haies réunissant quatre voire trois critères soient maintenues, reconnaît Gilbert Le Rousseau, adjoint à l’urbanisme. Ils connaissent le territoire. » Dans le PLU, cela se traduit par le classement de toutes les haies, soit en espace boisé classé, soit en élément de paysage. Au total, 260 km ont ainsi été identifiés.

À La Bouëxière, le PLU a été adopté fin 2017. La concertation reste d’actualité dans le cadre de la commission « bocage » (lire encadré). L’association des acteurs concernés a permis un partage des enjeux et une compréhension mutuelle.

De son côté, la commune bretonne valorise du bois local dans une chaudière. Cette dernière alimente les services techniques, des ateliers relais pour des entreprises, et à l’avenir la future caserne des pompiers.

Isabelle Lejas

Une commission « bocage »

La commission communale regroupe des élus, des agriculteurs et des associations environnementales. Elle donne un avis sur les demandes de déplacement de haies classées « élément de paysage », en évaluant l’impact et en recherchant les compensations possibles pour renforcer les continuités écologiques. Toute demande d’abattage doit être précédée d’une déclaration en mairie.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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