« La pression sociétale et l’arrêt programmé du glyphosate a fait naître chez beaucoup d’agriculteurs des inquiétudes quant à l’aménagement et l’entretien de leur ferme. Nous avons ainsi organisé, en mars, une formation dédiée à la thématique auprès des adhérents de notre réseau Fermes 4 soleils. D’emblée, nous avons constaté, au regard des inscriptions, que l’intérêt était réel. Ce qui, autrefois, était souvent négligé est devenu prioritaire. Dans notre charte, nous évaluons désormais, au travers d’audits, ce que nous appelons “la visitabilité” des exploitations. C’est un atout essentiel pour l’accueil à la ferme et pour l’agriculteur lui-même, qui améliore ainsi son cadre de vie et de travail tout comme sa sécurité. Pour tout projet d’aménagement, la réflexion doit être globale et sa mise en œuvre s’envisager selon trois étapes.

Première étape : définir des priorités

L’étendue d’une exploitation agricole nécessite de réaliser les travaux d’aménagement par tranches annuelles, sous peine de se décourager. L’astuce consiste d’abord à s’interroger sur l’entrée de la ferme. En effet, il n’existe pas deux occasions de faire une première bonne impression.

Deuxième étape : matérialiser les zones

Pour assurer la sécurité des visiteurs, mais aussi de l’élevage, et éviter la venue des plus curieux, il est nécessaire de délimiter et marquer les différentes zones de la ferme, le stationnement, l’accueil, les accès réservés aux salariés, etc. Pour ce faire, certains vont recourir aux chaînettes, d’autres font poser des portails… L’aménagement paysager offre par ailleurs de nombreuses possibilités, en complément d’une signalétique bien pensée. On aborde aménagement paysager et embellissement une fois ces zones définies.

Troisième étape : faciliter l’entretien

Profiter d’un corps de ferme entretenu sans y consacrer trop de temps ou d’énergie, c’est possible ! C’était l’une des principales préoccupations des agriculteurs lors de la formation. Le mieux est d’y réfléchir en amont, de faire preuve d’habilité, par exemple quant au choix des essences, et de penser aux plantes rampantes. L’entretien des abords sera alors facilité. Si la majorité des exploitants s’engagent seuls dans ce type de projet, il peut être opportun de se faire conseiller, au moins une fois, par un paysagiste. C’est un investissement, mais consommateurs et distributeurs choisissent souvent leurs producteurs en fonction de l’image qu’ils renvoient. »

Propos recueillis par Rosanne Aries