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« Avant de m’installer, j’apprends à l’étranger »

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Démarches. © M. Roquet

En stage rémunéré sur une exploitation américaine de 5 400 hectares, le Finistérien Martin Roquet continue à se former, avant son installation en France.

Des journées de quinze à seize heures de travail, sept jours sur sept, et des pointes de 110 heures par semaine… Martin Roquet a tellement rêvé de ce stage sur une exploitation américaine que l’effort consenti durant la période des semis de printemps restera l’un de ses meilleurs souvenirs… Même après le départ de son collègue danois, qui, lui, n’a pas supporté le rythme.

« J’ai toujours voulu travailler dans une grande ferme aux États-Unis », dit-il. À vingt-deux ans, sa licence en poche, le Finistérien a décollé pour l’État du Dakota et une ferme hors normes : 5 400 hectares en cultures de printemps à dominance soja et maïs, ainsi que 400 ha de blé, dont la moisson s’est achevée avec trois machines, en cinq jours.

Via un organisme d’échanges américain, CAEP (1), spécialisé dans l’agriculture, Martin a atterri, en avril, dans une exploitation familiale qui compte trois permanents et deux saisonniers. Et si le travail est intense, les conditions sont « top ! », décrit le jeune Français. « Ce qui me surprend le plus ici, ce sont les moyens financiers des céréaliers : la flotte de matériel est renouvelée tous les ans, poursuit-il. Les ateliers sont chauffés et les outils soigneusement rangés. Leur passion pour l’agriculture de précision est très intéressante. Les Américains sont ultra-performants en matière de temps de travail par hectare, et ce, à grande échelle, notamment avec les techniques culturales simplifiées, qui limitent le travail du sol. Beaucoup d’outils ne sont d’ailleurs pas disponibles sur le marché européen et seraient inadaptés au regard des gabarits. »

Recherche un poste de second

Pour autant, le Breton, fils d’éleveurs laitiers, compte bien mettre à profit ce savoir-faire à son retour : dès qu’il en aura l’opportunité, il s’installera en polyculture-élevage. En attendant, « quand je rentrerai en décembre, je vais tout faire pour trouver un poste de second d’exploitation en bovin lait viande, avec une partie cultures. Je sais qu’il y a peu de postes, aussi complets, à pourvoir en France. Je lance d’ailleurs un appel… »

Martin Roquet est prêt à s’éloigner de sa région, car « se former ailleurs est la meilleure école pour apprendre », avant de revenir sur l’exploitation familiale… Ou pas. Son ami, Antoine, fils d’agriculteurs, entame sa troisième saison sur une exploitation américaine de 15 000 hectares. « Son employeur est si satisfait de lui qu’il cherche à le sponsoriser, pour qu’il devienne résident américain, confie Martin. C’est un rêve pour Antoine. »

Rosanne Aries

(1) Communicating for agriculture exchange programs.

Bac + 3

Après avoir obtenu un bac Stav (Sciences et technologies de l’agronomie et du vivant), puis un BTS Acse (Analyse conduite et stratégie de l’entreprise agricole), Martin Roquet a suivi une licence professionnelle en management des organisations agricoles. Il l’a effectuée en alternance dans une ferme laitière de 720 ha du Finistère.

« Le niveau d’anglais prime sur l’expérience »

Concernant la répartition de tâches, ça n’est pas l’expérience qui prime, mais le niveau d’anglais. « Mon collègue allemand — qui ne sait pas changer une cartouche de graisse, mais qui parle très bien anglais — fait un travail souvent plus intéressant que moi, qui ai pourtant de l’expérience en moissonneuse-batteuse », explique Martin.

Côté budget, ses préparatifs lui ont coûté 3 500 euros (assurance, avion, organisme d’échange, passeport, etc.). Il est payé de 1 200 à 1 700 euros, selon la charge du travail. « Je suis nourri, logé, avec l’eau, l’électricité, le chauffage et le Wi-Fi. Je dispose aussi d’un véhicule, avec le plein, même pour mes sorties en ville. Aucune charge ne m’est retenue. En contrepartie, je fais tout ce qui m’est demandé, sans regarder la tâche, ni le temps passé. »

Plus d'infos sur le sujet

Retrouvez d’autres témoignages de personnes parties avec d’autres organismes d’échange sur
www.lafranceagricole.fr

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Cet article est paru dans La France Agricole

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