« Un enseignant ne peut pas décider seul d’une sortie ou d’une intervention dans sa classe. Il doit avertir au préalable le directeur ou la directrice de son établissement qui, de son côté, doit obtenir, dans certains cas, une autorisation auprès de l’inspecteur d’académie. Celui-ci vérifie la neutralité de l’événement.

Il existe cependant une marge entre la règle et la réalité. Dans le cas d’une intervention ponctuelle, l’autorisation de l’académie n’est pas nécessaire. Si les interventions sont répétées, elles s’inscrivent alors dans un projet pédagogique, et ce cadre impose une autorisation. Mais entre ces deux situations, la marge est grande et permet parfois à des personnes extérieures de témoigner sans accord devant les élèves.

Pour l’association L214, la situation est toutefois différente : le ministère de l’Éducation n’autorise pas ses interventions dans les écoles. Sa présence relève, selon moi, de la faute professionnelle.

D’une façon générale, l’école doit rester neutre, elle n’est pas un lieu pour commercer. Dans le passé, à des fins pédagogiques, il m’est arrivé de faire visiter à mes élèves l’exploitation de mon mari, producteur de légumes, située en face de l’école. Les visites se faisaient en partenariat avec Interfel. Mais l’interprofession des fruits et légumes ne dispose plus d’agrément. Donc par souci de neutralité, je ne réalise plus ces visites. Les élèves continuent en revanche de découvrir l’agriculture, notamment lors des “fermes ouvertes” de la FNSEA.

Il arrive aussi que des petits malins nous interpellent pour s’exprimer devant les classes en précisant “avec le soutien de l’Éducation nationale”. Mais cette seule mention ne suffit pas. Il faut être vigilant.

Concernant les kits pédagogiques, très à la mode, mis à disposition par des associations ou des filières sur leur site, c’est à l’enseignant de faire son choix, sans restriction si ce n’est que ces ressources doivent respecter le programme officiel. Les manuels scolaires sont aussi en général choisis par l’enseignant. Il est très rare d’en trouver un sans un chapitre ou une phrase non conformes à vos idées. Quand je découvre certaines leçons de ma fille collégienne, je reste sans voix. L’agriculture n’est hélas pas la seule exposée aux dérapages. En cas d’erreur, je la fais remonter à l’académie. »