Le Forterra HSX est l'un des premiers Zetor à bénéficier d'un inverseur sous charge. Cette technique fait de ce tracteur un concurrent sérieux pour les activités au chargeur et devrait lui ouvrir la porte des exploitations de polyculture-élevage à la recherche d'un bon compromis performance/prix.

Le Zetor Forterra HSX 110 en vidéo.

FICHE TECHNIQUE

• Puissance maximale : 94 ch• Moteur : Zétor 4,15 l• Antipollution : Vanne EGR + FAP• Transmission : semi-powershift 30/30• PDF : 540/540E/ 1000/1000E

Moteur (note : 6/10)Zétor produit depuis toujours ses propres moteurs dans son usine de Brno, en République tchèque. Le bloc qui équipe ce Forterra est un 4,15 l équipé d'une vanne EGR pour traiter les gaz d'échappement. Ce moteur est sonore et grogne fortement dans les tours, surtout sur la route, où le bruit en cabine atteint 76,3 dB(A) porte fermée. Mais si le Zetor rugit, il ne mord pas pour autant car il sort un décevant 94 ch de puissance maxi. Son couple maximal de 415 Nm est atteint à 1 360 tr/min. Côté consommation, le Zétor est dans la moyenne, excepté la performance au régime nominal où ses 273 g/kWh sont au-dessus des résultats du groupe. En cabine, les commandes se résument au minimum, avec un accélérateur à main placé sur la colonne de direction. La pédale d'accélérateur nous a semblé un peu trop petite, même avec des chaussures de sécurité.

Transmission (note : 7/10)

Le Forterra combine deux gammes, cinq vitesses et trois rapports sous charge, pour offrir 30 vitesses dans les deux directions. Le changement de gamme s'effectue en tirant ou en poussant sur un levier placé au plancher. Cette opération s'avère difficile et un peu aléatoire, les positions étant proches les unes des autres. Le grand levier de vitesses est placé à bonne distance du chauffeur mais sa manipulation pose aussi des problèmes. Son jeu est si important qu'on croit manier une batte de baseball dans un panier de noix de coco. Un bouton électrique placé sur le pommeau permet de passer les vitesses mécaniques sans utiliser la pédale d'embrayage. Cette solution fonctionne bien sur la route mais trouve ses limites à forte charge. Les deux autres boutons du pommeau contrôlent les rapports sous charge. Ces derniers passent en souplesse, même au labour. En revanche, nous n'avons pas réussi à faire fonctionner l'automatisme de boîte pour rétrograder. L'inverseur hydraulique s'avère très souple à l'usage. La boîte offre 15 rapports entre 4 et 14 km/h.

Perfectible. Dans une cabine à l'ergonomie améliorée, les trois leviers de distributeurs détonnent. (Photo de gauche)Confort. La suspension de cabine mécanique ajoute du confort sur la route. (Photo de droite)

Relevage (note : 8/10)

Sous son allure débonnaire, le Forterra cache un corps d'haltérophile. Il est capable de soulever un impressionant 8,5 t. L'attelage de catégorie 3 est doté d'un seul bras réglable rapidement et ne possède pas de déverrouillage rapide. Les commandes extérieures sont disponibles sur les deux ailes. En cabine, on retrouve la console de commande Bosch, qui a fait ses preuves sur bien des marques. Les fonctions de montée/descente et de terrage rapide sont gérées par une molette. Trois potentiomètres pilotent les fonctions auxiliaires que sont la hauteur maxi, la vitesse de descente et le contrôle d'effort. Une touche sensitive active l'amortisseur d'oscillations sur la route.

Hydraulique (note : 6/10)

Le débit hydraulique est dans la moyenne, avec 75 l/min. Le Forterra dispose de trois distributeurs double effet et d'un retour libre. En cabine, Zetor retrouve ses vieux démons avec trois leviers positionnés sur le montant de la console de droite, à un endroit peu confortable pour le chauffeur. En outre, les tiges sont placées trop près les unes des autres et le chauffeur bute dans le distributeur 2 lorsqu'il bouge le 1. Chaque distributeur dispose d'une position flottante.

Prise de force (note : 8/10)

Le Forterra bénéficie de 4 régimes (540, 540 E, 1 000, 1 000 E). Le passage de 540 à 1 000 s'effectue au moyen d'un interrupteur placé sur la colonne B, à droite du chauffeur. Pour passer d'Eco à Normal, il faut utiliser un levier bien synchronisé installé à l'arrière de la console. Un interrupteur sécurisé, placé lui aussi sur le montant B, permet d'engager la prise de force. Il est un peu rude à manipuler. Toujours sur ce montant, Zétor propose un interrupteur à trois positions qui permet de régler l'agressivité de l'engagement de la prise de force.

Ponts (note : 6/10)

Le Forterra comprend un interrupteur pour le pont avant et un second pour le blocage de différentiel. Les deux boutons sont montés sur la colonne de direction, au niveau du tableau de bord. Il n'y a pas de fonction automatique. Une led placée sous l'interrupteur indique au chauffeur que ce dernier est activé mais elle est difficile à percevoir au soleil.

Confort de conduite (note : 7/10)

Zétor a beaucoup progressé dans ce domaine depuis quelques années. Sur la route, le confort est semblable à celui d'autres marques ayant pignon sur rue. La suspension de cabine mécanique contribue pour beaucoup au confort. On aimerait toutefois disposer d'une direction plus précise sur la route. Le diamètre de braquage est excellent avec seulement 10,6 m.

Cabine (note : 6/10)

L'ergonomie en progrès

Zetor se défait peu à peu de son image de tracteur low-cost en provenance de l'ancien bloc soviétique. La cabine a bien progressé par rapport aux modèles précédents mais elle conserve encore quelques éléments désuets comme des revêtements en Skaï et des commandes de distributeurs datant des années quatre-vingt. L'ergonomie reste correcte, avec toutes les commandes regroupées sur la droite. Le seul levier encore au plancher permet de sélectionner les gammes. On regrette aussi l'accélérateur à main se trouvant sur le côté de la colonne de direction, obligeant à se pencher en avant pour sélectionner le bon régime. La colonne B (milieu à droite) regroupe plusieurs commandes, dont celles de la prise de force et des phares de travail. Le tableau de bord est bien conçu et combine cadrans analogiques et écrans digitaux. Le toit bénéficie d'une vitre impossible à ouvrir pour bénéficier de plus d'air. A l'avant, le grand capot gêne un peu la visibilité.

Points fortsPoints faibles

• 4 régimes de PDF.

• Powershift automatiques.

• Inverseur sous charge.

• Position des leviers des distributeurs.

• Bruit sur la route.

• Cabine un peu rustique.

Essais réalisés par Henri Étignard et Corinne Le Gall, avec le concours de avec Martijn Knuivers et Frits Huiden (Boerderij), Frank Berning (Top Agrar) et Oli Marks (Farmers Weekly) Photos : Henk Riswick