Dès son installation en 2010 sur l'élevage familial, à Mortagne-au-Perche (Orne), Arnaud Billon avait pour projet de vendre sa viande de boeuf en barquettes, « pour mieux la valoriser ».

« Je voulais un modèle économique simple, compétitif et le plus juste pour tout le monde », raconte-t-il. Il savait qu'à 150 km de chez lui, « la clientèle parisienne avait difficilement accès à de la viande de bonne qualité à prix raisonnable ». Il a alors créé une société de livraison de viande à domicile pour profiter du créneau, en la dotant d'un nom accrocheur : « Ah la vache ».

« Monter une société indépendante de l'exploitation nous a permis de clarifier l'organisation des ventes et de développer des partenariats avec d'autres agriculteurs, pour enrichir la gamme », explique Camille de Boissieu, son associée dans l'aventure.

Aujourd'hui, deux éleveurs voisins fournissent, en complément de la viande de boeuf, du cochon et de l'agneau. Des morceaux « accessoires mais nécessaires pour attirer le client », estime Arnaud, qui pense également compléter l'offre avec de la volaille, « pour répondre aux attentes des consommateurs » (lire l'encadré).

Dans la pratique, la société achète les bêtes sur pieds et les envoie à l'abattoir voisin, où la viande est découpée et empaquetée sous vide.

Tournée. Camille et Arnaud, fondateurs de « Ah la vache », accompagnés de leur livreur, Jonathan, apportent les colis à leurs clients parisiens.

Chauffeur « freelance »

Les livraisons ont lieu en moyenne toutes les deux semaines, sur Paris et sa proche banlieue, et depuis mars 2013 sur la Normandie (Caen-Lisieux-Deauville). Chacune représente entre 4.500 et 5.000 € de marchandises (un boeuf, un cochon et deux agneaux), réparties en caissettes de 5, 10 et 30 kg.

C'est un chauffeur en « freelance » qui livre les colis, au volant du camion acheté par la société. Le fait qu'il soit à son compte permet de limiter les coûts : 300 € de transport par livraison (chauffeur, essence, amortissement du camion).

Le reste de son temps, le chauffeur est salarié sur l'exploitation d'Arnaud Billon. Une double casquette appréciée des clients ! Un bouche-à-oreille efficace et une bonne communication auprès de ces derniers ont permis à « Ah la vache » de rencontrer un franc succès dès sa première année d'existence.

De quoi donner des idées : « Nous pensons à développer des franchises ailleurs en France », confie Arnaud, pour qui la priorité devra toujours être « la qualité des produits et une distribution à moins de 200 km de l'élevage d'origine ».

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Pour plus d'infos : contact@ahlavache.fr

Rester à l'écoute des clients grâce à l'enquête de satisfaction

« La proximité avec les consommateurs est notre marque de fabrique », assurent Camille de Boissieu et Arnaud Billon, fondateurs de « Ah la vache ».

Pour rester au plus près des attentes de leurs clients, ils leur ont envoyé une enquête de satisfaction : une série de questions précises pour savoir ce qu'ils pensent de la qualité des produits et des services, de la charte graphique, des prix...

Et pour motiver les réponses : une bouteille de vin gratuite était offerte aux vingt premiers participants ! Succès garanti, avec un taux de retour de 25 %.

Au vu des résultats, la société s'est par exemple décidée à compléter sa gamme avec de la volaille, ou encore à sortir une « petite cagette » de 3 kg. « Nous comptons réaliser cette enquête tous les ans, indique Arnaud. Il faut accepter de se remettre en question. Et puis nous avons tout à gagner à mieux connaître le client et son ressenti ! » 

Alain Cardinaux (publié le 7 juin 2013)