Vous êtes abonné

Première visite ?

Inscrivez-vous
Imprimer Envoyer par mail Commenter

Dossier Une stabulation reconvertie en poulailler

réservé aux abonnés

 - -->
Bricoleur dans l’âme, Fabien Redoutet a passé avec plaisir des heures à s’informer, réfléchir, concevoir, puis réaliser son poulailler. © Anne Brehier

En Côte-d’Or, Fabien Redoutet a mis en place un atelier de poules pondeuses en plein air à moindre coût, à partir de matériaux de récupération.

Donner une seconde vie à son bâtiment vacant depuis l’arrêt de la production laitière en 2008, c’est le pari de Fabien Redoutet, céréalier sur 230 ha à Marey-sur-Tille, en Côte-d’Or. En 2016, il a reconverti sa stabulation en un petit atelier de 230 poules pondeuses. Il se compose de deux parties indépendantes de 35 m2 chacune, dotées d’un parc extérieur de 2 500 m2. Leur utilisation en alternance permet de réaliser un long vide sanitaire entre chaque lot.

Les poules y sont installées à un mètre de hauteur sur un caillebotis constitué de lattes en bois et posé sur des poteaux amovibles. Ces derniers ont été réalisés avec d’anciennes tubulures de cornadis. Les poulaillers sont recouverts d’un filet brise-vent. Ils assombrissent le bâtiment, rendent l’ambiance plus propice à la ponte, et évitent l’intrusion d’oiseaux sauvages. En cours de lot, l’éleveur cure les caillebotis afin de prévenir les parasites tels que les poux rouges. L’enlèvement des fientes sous le caillebotis s’effectue une fois les volailles parties. L’installation est alors entièrement démontée et tous les éléments sont lavés au nettoyeur haute pression. Deux jours de travail sont nécessaires.

L’aliment acheté, riche en protéines et vitamines, est mélangé au blé aplati de l’exploitation. L’ensemble est stocké dans un caisson à proximité des poules. Il est chargé en quelques secondes dans une caisse en plastique d’où il repart, grâce à une vis sans fin, dans un fût de 200 litres solidement arrimé au plafond du bâtiment. Le mélange retombe ensuite par gravité dans les mangeoires, via des trémies en plastique. L’abreuvoir est constitué d’un tuyau en PVC équipé d’un flotteur à niveau constant. En dessous, un caniveau collecte l’eau gaspillée, ce qui évite de mouiller les fientes et la présence de mouches. La chaîne d’abreuvement est mise hors gel grâce à un câble chauffant.

Vente en circuit court

À l’extérieur, le parcours est protégé contre les prédateurs par un grillage de 1,60 m de haut et un fil électrique. Les poules disposent au total de plus de 10 m2 chacune. Elles y ont accès en permanence et sortent de préférence tôt le matin. Pour éviter d’avoir à débroussailler­ sous les clôtures, Fabien a posé d’épaisses bandes de tapis en caoutchouc. Il y a planté les poteaux et scellé les grillages, le tout pour 900 euros de dépenses.

L’atelier a été essentiellement construit avec des éléments de récupération. Seules les trémies en plastique pour l’alimentation (10 € l’unité) et les douze pondoirs avec ramassage extérieur (250 € l’unité) ont été achetés. « Comme je n’étais pas sûr que ce nouvel atelier fonctionne, je voulais faire le minimum de frais, explique Fabien. Les 5 000 € investis ont été amortis dès le premier lot. »

Les œufs sont entièrement vendus en circuit court (1). Un petit magasin est tenu par la mère de l’agriculteur. Lui fait quelques livraisons, notamment pour deux importants comités d’entreprise. Depuis les mesures de confinement liées au coronavirus, le petit poulailler peine à répondre à la demande des clients­.

Anne Bréhier

(1) Prix de vente : 3,20 € la douzaine.

Un petit atelier efficace

Depuis la première mise en ponte en septembre 2016, Fabien a amélioré son atelier pour rendre le travail plus efficace. À la surveillance quotidienne des volailles sur le parcours, il convient d’ajouter le ramassage des œufs (30 minutes par jour) et le nettoyage des abreuvoirs (10 minutes par semaine). Le chiffre d’affaires de l’atelier s’élève à 15 000 € sur un total de 230 000 € à l’échelle de l’exploitation. Les poules pondeuses valorisent chaque année 6 tonnes de petit blé, issu du tri des semences.

Imprimer Envoyer par mail Commenter
Commenter cet article 0 commentaires
En direct
Afficher toutes les actualités

Cet article est paru dans La France Agricole

Transmission & Patrimoine : tous les conseils pour passer le relais !