La conduite est toujours l'étape la plus importante d'un essai comparatif car elle met en évidence les forces et faiblesses de chaque tracteur. A cet effet, nous avons travaillé à la fois sur notre exploitation de base, au centre de recherche PPO de Wageningen, à Lelystad, puis sur le site de l'école PTC+, à Dronten, sur le même polder. Le parcours entre les deux, d'une quinzaine de kilomètres, a servi pour le test de transport.

L'école PTC+ est spécialisée dans la formation à la conduite et aux réglages des techniciens et ingénieurs de l'agriculture, ainsi que des futurs exploitants et salariés agricoles. Elle a mis à notre disposition l'ensemble de son matériel et son terrain de démonstration.

Le classement des septs concurrents

Valtra – Belarus – John Deere - Kubota – McCormick – Same – Zetor

Nous avons testé chaque tracteur à la charrue, au décompacteur puis à la herse rotative. La parcelle était typique des polders, c'est-à-dire plutôt sablonneuse et à très faible taux d'argile. Il a donc fallu jouer sur la profondeur de travail pour réellement « tirer » sur les moteurs. Certains concurrents ont rapidement montré leurs limites sur les travaux lourds.

L'élevage de l'école a également servi de cobaye pour tester les tracteurs avec une mélangeuse à vis verticale. Une opération qui est généralement réservée à ce type d'engins. Là, tous les concurrents se sont montrés à la hauteur, même si le volume de bruit hors norme du Belarus fait douter de la possibilité de l'utiliser dans une stabulation sans pertuber fortement les vaches pendant la distribution.

Comme sur tous les comparatifs réalisés par le groupe européen de test, les journalistes du machinisme des quatre pays (Allemagne, Grande-Bretagne, Pays-bas et France) se sont relayés au volant pendant toute la semaine.

 

Prise en main rapide

Tous ces tracteurs sont simples et permettent une prise en main très rapide. Paradoxalement, c'est le très basique Belarus qui nécessite le plus d'explications en raison de sa boîte étagée déconcertante. Pour les autres, dès qu'il y a de l'électronique, il y a bien sûr de petits détails qui font perdre du temps.

A titre d'exemple, nous avons cherché pendant une dizaine de minutes comment déverrouiller le relevage du McCormick qui se met en sécurité. La solution est le bouton de butée haute qui se trouve caché sous une trappe au pied du siège.

Sur le Kubota, c'est la programmation de l'automatisme de boîte qui prend du temps. Les testeurs étant surtout habitués à prendre les commandes des John Deere, Valtra et Deutz-Fahr (Same), nous avons naturellement trouvé plus facilement nos repères au volant de ces derniers.

Contrairement aux tracteurs plus sophistiqués que nous testons habituellement, nul besoin d'entrer dans les détails de la programmation des fonctions pour exploiter correctement les sept concurrents.

Le Belarus deux à trois fois moins cher

Même parmi ces tracteurs dits basiques, les écarts de prix restent importants, parfois du simple au triple quand il s'agit du Belarus. Il faut reconnaître que le tracteur de Minsk ne boxe pas dans la même catégorie que ses concurrents. Ce tracteur spartiate, lancé dans les années quatre-vingt-dix, coûte moins de 30.000 euros pour 100 ch, contre près de 80.000 euros pour les John Deere et Valtra, avec leurs options.

On peut donc s'offrir presque trois Belarus pour le prix du vainqueur du test, le Valtra. Il faudra bien sûr sacrifier le confort et accepter de faire un bond de vingt ans en arrière mais le jeu en vaut peut-être la chandelle pour les budgets très limités.

Essais réalisés par Henri Étignard et Corinne Le Gall, avec le concours de avec Martijn Knuivers et Frits Huiden (Boerderij), Frank Berning (Top Agrar) et Oli Marks (Farmers Weekly) Photos : Henk Riswick