Àdents, à disques, monodisques droits ou inclinés, l’offre de semoirs de semis direct européens s’est largement étoffée ces dernières années. Au milieu de constructeurs historiques, tels que John Deere avec son 750A ou Amazone avec le Primera, une multitude de marques a souhaité se lancer dans cette aventure avec des modèles plus ou moins différents­ de la concurrence. Le point commun de tous ces constructeurs, c’est une machine capable d’implanter une culture le plus efficacement possible­ en perturbant moins le sol. L’offre peut tout de même se diviser en deux grandes catégories, d’un côté les semoirs à disques et de l’autre ceux à dents.

Élément à disques

La première famille de semoirs est aussi grande que variée. Elle regroupe différents systèmes. Le premier, ce sont les semoirs dotés d’un élément à doubles disques, similaire aux autres semoirs plus classiques du marché, tels l’Aurock de Kuhn. Ces machines intègrent le plus souvent un troisième disque placé en amont et aligné avec les éléments semeurs afin d’ouvrir la ligne de semis. C’est également ce principe qui est utilisé chez l’américain GreatPlains ou l’argentin Bertini.

Chez John Deere, les éléments semeurs sont composés d’un grand disque lisse, qui ouvre le sillon. Il est doté d’un coutre qui va recevoir la descente et placer la graine dans le sillon. Chaque élément est muni d’une roue de jauge en caoutchouc placée sur le côté du disque, pour assurer le terrage. À l’arrière, une roulette vient plaquer la graine dans le fond du sillon. Derrière, une seconde roulette dotée d’un angle d’attaque et d’entrure referme le sillon. Ce type d’élément est également présent sur l’Avatar de Horsch. Plutôt encombrant, il est bien souvent réparti sur deux rangs assez éloignés pour conserver un interrang faible. Cela facilite également le passage dans les résidus.

Diverses solutions, s’en rapprochant plus ou moins, sont présentes sur le marché. Maschio, sur son Gigante, adopte un disque ouvreur crénelé et peut se munir au choix d’une roue de jauge en fonte. Sur la plupart de ces modèles, le disque ouvreur possède un léger angle d’attaque et un d’entrure.

Des solutions originales

Sur le Boss de Sly, le disque principal possède des angles beaucoup plus prononcés. Le constructeur vante, avec ce système, une plus grande facilité de pénétration dans le sol. Le but est aussi de limiter la présence de paille dans le sillon. Ces éléments peuvent d’ailleurs adopter un disque chasse-débris.

Dans un autre style, l’anglais Weaving propose un élément semeur composé d’un double disque. Mais celui-ci est incliné selon un angle d’attaque de 25 degrés. Le disque situé en dessous est un peu plus grand. Il ouvre le sillon alors que le second soulève la terre. La descente prend place entre ces deux éléments. Le sillon est ensuite refermé par une roue directement reliée à l’élément semeur. Cette dernière assure le réglage de la profondeur de semis.

L’EasyDrill du français Sky sort également du lot avec un système monodisque droit dépourvu de roues de jauge sur le côté. La descente de la semence est placée juste derrière le disque. La profondeur et le suivi du terrain sont ici assurés par une roue en caoutchouc à l’avant et celle de fermeture du sillon à l’arrière. L’un des points communs à tous ces semoirs est la force importante qu’ils peuvent exercer sur les éléments semeurs. En effet, celle-ci est souvent supérieure à 200 kg et peut même dépasser 350 kg par élément. Cette pression élevée leur permet de conserver une capacité de pénétration suffisante dans les différentes conditions du semis direct.

Des systèmes à dents

La seconde catégorie, les semoirs à dents et à coutre, est moins variée mais il existe aussi plusieurs systèmes. Parmi les plus simples figurent celui de l’Amazone Condor ou du Väderstad Seed­Hawk, où les descentes sont montées sur des dents. Une roulette est placée juste derrière pour assurer la profondeur et le suivi du terrain. Pour faciliter le passage dans les résidus, les dents sont montées sur trois à quatre rangées. Amazone propose aussi le Primera, dont l’élément a la particularité d’être monté sur parallélogramme. À l’arrière, on trouve deux roulettes en métal. Contrairement aux semoirs à disques, ceux à dents ont tendance à remuer de la terre. Pour y remédier, ces machines nécessitent un coutre le plus fin possible et une vitesse de travail souvent limitée.

Des dents un peu plus complexes sont également présentes, comme chez Horsch avec le Sprinter ou chez Morris. Ces systèmes dits « en T inversé » sont notamment capables d’incorporer deux produits. Alors que le premier est appliqué au centre du sillon, le second produit sort aux extrémités du T, de part et d’autre du sillon.

Chez certains constructeurs, comme Claydon ou Simtech, la dent est aussi précédée d’un disque qui facilite le passage dans les résidus et ouvre le sillon.

Le Kuhn Aurock est l’héritier des anciens SD 300 et, plus récemment, des Fastliner et SD Liner. © Kuhn
Le semoir GD de Weaving adopte un système de doubles disques inclinés. Le sillon est refermé par une roue. © L.Coassin
Le Tri-o-Sem, d’Agrisem, utilise le système du T inversé pour les doubles produits, allié à un disque ouvreur. © Agrisem
Hormis Sly, d’autres marques françaises, comme Aurensan ou Duro-France, se sont essayées au semoir à disque incliné. © V.Gobert
Sur le Condor d’Amazone, la dent équipée de la descente est suivie d’une roue de jauge qui referme le sillon. © p.peeters